Moutarde, colibri et autres papillons

La version audio sur Radio Notre-Dame 

"La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : Déracine-toi et va te planter dans la mer ; il vous obéirait."

Ce dimanche, le pape François commentait cette phrase de l'Evangile  : "Jésus dit qu’il suffit d’avoir une foi comme cela, petite, mais vraie, sincère, pour faire des choses humainement impossibles, impensables. Et c’est vrai !"

Ah ça fait du bien de l’entendre ! Car je suis persuadée que la foi, l’espérance  et l’amour (la charité) peuvent changer le monde.

Je me rends compte, en parlant autour de moi, qu’il règne un pessimisme ambiant et que peu de personnes pensent que le monde puisse évoluer en bien. Beaucoup se sentent écrasés par le système, dominés par les politiques et les industriels et persuadés qu’on ne pourra jamais sortir de l’ultralibéralisme, du chacun pour soi et du culte de l’argent. Mais c'est justement là qu'est le problème : rien ne changera si moi, si vous, si chacun d'entre nous n'y croit pas.

Certains pourront dire que c'est utopiste, mais est-il interdit d’avoir un idéal ? Dommage de baisser les bras avant même de les avoir levés. Deux exemples. Tout d'abord la légende du colibri qui tente d'éteindre le feu forêt. Il ne cesse de faire des allers retours pour apporter trois gouttelettes sur l’incendie. Lorsque le tatou lui demande ce qu'il fabrique, il lui répond : "je fais ma part". Cette histoire fonde l'engagement de l'Association "Colibris" dont la chanteuse Zaz fait partie. La métaphore permet de réaliser la responsabilité de chacun. Qui dit ensuite que le tatou n’a pas prévenu plus gros que lui, et que de file en aiguille une immense chaîne de solidarité ne s'est pas formée pour éteindre le feu ?

Cette métaphore me fait penser également à l'effet papillon. On dit que le battement d'aile d'un papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas. Pris dans le sens positif, un geste de fraternité peut également, par effet de rebond envahir la société, et se propager comme une onde bienfaisante. Alors me direz-vous, il suffit d'y croire, pour que cela marche et boum comme par magie le monde va changer ? On n’est pas chez David Coperfield. Y croire, c'est le préalable et c'est la base. Mais la foi sans l'action, cela n'a pas de sens. Si l'on veut changer de société, retrouver les bases d'une solidarité, si l'on veut remettre l'humain au centre, respecter la planète il y a des gestes à poser, à la portée de chacun, selon ses moyens, ce serait trop long pour faire la liste, mais voici ce à quoi j'ai pensé en vrac (à vous de compléter) :

– Parler à ses voisins

– Ne pas jeter ses mégots par terre

– Trier ses déchets

– Isoler sa maison

– Acheter ses fruits et légumes de saison chez un maraîcher

– Acheter des produits issus du commerce équitable

-Ouvrir un compte dans une banque éthique et solidaire

– Visiter des personnes âgées

Chaque fois que l'on se soucie de son prochain (que l'on importe l'esprit latino), alors oui le monde change. Ensuite, si l’on se sent prêt à intégrer une association, à travailler dans un lobby ou un think tank ou encore à s’engager en politique, alors pourquoi hésiter ?

Car tout dépend de nous, de notre capacité à CROIRE, Dieu fera le reste. Et tant pis si l'on nous traite de bisounours.

Et, vous y croyez ?

Image : chez Nectarine

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