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Les Rameaux : mon chemin de croix

Version audio sur Radio Notre-Dame par ici !

A quelques jours de la messe des Rameaux je me dis mon Dieu, il va falloir y aller, et j'avoue que j'ai les pieds de plomb (oui cette année, j'ai décidé de ne pas la sécher). Il y a toujours beaucoup de monde. Je trouve qu'il y a beaucoup d'hypocrisie dans cette manière de faire, d'aller une fois par an à la messe pour faire bénir ses rameaux et de ne plus y retourner après… Une forme de superstition. Et manque de pot, c'est en plus l'une des plus longue de l'année. Personnellement je vis la lecture de la Passion comme une souffrance, c'est mon chemin de chemin de croix à moi. Cette lecture qui n'en finit pas ! Un peu comme si Dieu nous mettait à l'épreuve. Si vous allez à la messe des Rameaux et que vous restez jusqu'à la fin, alors je vous comblerai de grâces.

En même temps, la messe des Rameaux constitue un peu une métaphore de l'humanité. Il est clair qu'en terme de revival, elle est sans doute dans la liturgie catholique, la plus proche de la réalité qu'elle commémore. La foule acclamant Jésus à l'entrée de Jérusalem, se retrouve chaque année aux portes de nos églises.

Ces foules d'ailleurs se ressemblent fortement. Elles ont en commun une forme d'irresponsabilité. On imagine que certains se retrouvent à acclamer Jésus alors qu'ils ne l'ont jamais rencontré, qu'on leur en a vaguement parlé et qu'ils n'étaient pas loin à ce moment là. Donc oui on va à la messe des Rameaux, c'est une tradition, mais on ne sait pas trop pourquoi, on se retrouve là un peu sans avoir réfléchi.
Ensuite et surtout, il y a cet effet mouton de panurge qui caractérise l'être humain. On suit la masse, la foule, le courant. Tout le monde pense la même chose, on encense certains aujourd'hui pour en lyncher d'autres demain et ce qui s'est passé à Jérusalem est exactement la même chose qu'aujourd'hui. Ceux qui acclamaient Jésus seront quelques jours plus tard les mêmes qui demanderont sa mort. Le vent tourne, et en fonction, on crie avec les loups.

Finalement cette messe nous met face à notre responsabilité, face à notre liberté, face à nos choix, nos engagements. Alors, oui, je l'avoue, je vais avoir du mal à me rendre à la messe des Rameaux, et à être confrontée à mon humanité. Mais, reconnaissant que Dieu la transforme, je sais aussi qu'il faut passer par l'épreuve pour trouver la vie. En cela les Rameaux, sont déjà une préfiguration de la Résurrection.

Sylvie

3 Responses to “Les Rameaux : mon chemin de croix”

  1. Oh… Et bien pour ma part, la messe des Rameaux est une de celle que je préfère. J'aime ce côté "charnel" des Rameaux que l'on agite,  j'aime cette lecture de l'Evangile qui n'en finit pas… ou plutôt qui fini sur le bois de la Croix… alors que cette fin n'en est pas une et que justement, sur cette Croix, la vie du Seigneur non plus, n'en fini pas.

  2. Je confesse avoir un peu la même réticence face à ces foules qui ne sont là que pour faire bénir leur talisman, et dont une bonne part, d'ailleurs, se carapate sitôt la validation du code-barres obtenue en caisse, pardon, le rameau béni, et ne restent pas à la messe. Bien content quand ils ne fendent pas la foule à contre-courant, furieux d'être en retard, puis, qu'on ne les laisse pas s'enfuir assez vite…
    Ce matin, notre curé, lors de la bénédiction qui a lieu dans le jardin de la cure (suivie d'une mini-procession vers l'église) a tenté de "remuer" un peu tout ce monde ! de demander plus d'entrain… non, personne presque n'a seulement levé les rameaux, quelle tristesse pour une si abondante assemblée…
    Et pourtant…
    "Ceux qui acclamaient Jésus seront quelques jours plus tard les mêmes qui demanderont sa mort."
    Après tout, nous n'en savons rien… Oui, sans doute, la propagande active des "chefs des prêtres et des scribes" – l'évangéliste y fait allusion – a dû retourner quelques têtes… Et quant aux autres, ils ont dû raser les murs, peu désireux de tâter du Golgotha eux aussi. Car c'était le risque. Pas pour nous… ne l'oublions pas…

  3. Alors là @Numero712 je t'admire :) j'ai encore du chemin à faire !
    @Phylloscopus : même expérience, je n'ai pas vu beaucoup les rameaux s'agiter. Faut-il y voir une forme de léthargie de notre société, en quelque sorte une inaction contagieuse ?
    "Nous n'en savons rien" : la question demeure, où sont passées toutes les personnes qui acclamaient Jésus, elles ont disparues entre le dimanche et le vendredi ? 
    Heureusement qu'il ne s'agit pas pour nous de finir au Golgotha mais tout de même, témoigner de sa foi à son entourage, dans sa famille ou dans son travail peut demander beaucoup de courage

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