Archives pour la catégorie Spiritualité

Baba à Rome


Vidéo souvenir de la canonisation, en mode embed avec les pèlerins. Evidemment, au moment clé je prends mon portable à l'envers.

Version audio sur Radio Notre-Dame

Revenue de Rome il y a à peine quelques jours, j'ai encore l'impression d'y être. Je ne marche pas dans les rues de Paris, non, mais je me promène entre le Panthéon et place Navone. Tout juste si je ne donne pas rendez-vous à mes amis devant Saint-Louis des Français pour aller boire "oun caffè". Alors que retenir de ce séjour dont le point d'orgue fut la canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II, si ce n'est que dans la ville éternelle chaque moment se vit intensément, et que chaque minute est tellement riche qu'on en garde la saveur longtemps. Deux choses cependant à vous partager.

Tout d'abord à Rome, on se laisse porter par les événements. Si un programme est établi, il a de fortes de chances de voler en éclat au "hasard" de ce qui se passe. Vous avez prévu d'aller visiter une église dans le Trastevere, on vous passe un coup de fil pour aller manger une glace "meringue chocolatée" chez San Crispino. Ca tombe bien, juste à côté, dans l'église de la Minerve, le tombeau de Sainte Catherine de Sienne, est exceptionnellement ouvert, c'est sa fête demain. Vous avez prévu un café place Farnèse, une rencontre vous fait dévier jusqu'au séminaire français, où l'on vous propose une visite guidée, terrasse comprise, avec vue imprenable sur Rome. Vous avez prévu un apéro au Borgo Pio, vous ne vous doutiez pas qu'il serait suivi d'un repas puis d'un café avec des journalistes habitant Rome que vous avez déjà croisés à Rio.

Deuxio, Rome est la ville où les "heureux hasards" sont si nombreux, qu'au bout d'un moment, on serait volontiers tenter de croire en la Providence. Heureux hasard lorsqu'une amie qui n'a pas vos coordonnées à Rome mais souhaitait vous retrouver tombe sur le reste de votre groupe dans la basilique Saint Pierre, blindée de pèlerins. Heureux hasard lorsqu'après les avoir cherchés en vain, le couple de pèlerins que les journalistes devaient interviewer s'assoie sur le même banc qu'elles au début de la messe à Saint-Ignace, sans même les reconnaître ! Heureux hasard enfin, lorsque le dimanche de la canonisation un ami vous appelle à six heures du mat' pour vous dire qu'il est bien placé Place Saint Pierre alors que vous êtes coincé entre deux Polonais via della Conciliazone, et que deux heures plus tard vous vous posez… à deux mètres de lui ! Coïncidences ? Cela fait quand même beaucoup.

Bref, je ne vous raconte que les plus marquantes, mais ces rencontres se sont renouvelées comme cela tous les jours. Alors que faire maintenant, pour que le charme agisse ici ? Eh bien, sans doute la même chose : être attentif à ce qui se passe autour, aux événements, aux rencontres et écouter ce que nous avons au fond du coeur. D'ailleurs avant-hier, en répondant à l'invitation d'une amie, je suis tombée sur une personne dont le visage me disait quelque chose… nous avons fait les JMJ de Sydney ensemble en 2008 ! Et hier dans la rue, je croise une personne à vélo… que  j'avais rencontrée lors de la béatification de Jean-Paul II et que je n'avais pas vue depuis au moins 2 ans ! Donc la preuve ! Avec un peu de chance, de volonté et de Providence, la Dolce Vita est possible ici aussi !

Sylvie

Il y a une vie avant la mort

Version audio sur Radio Notre Dame 

Jour des défunts, 11 novembre, feuilles qui tombent et temps maussade : en ce début du mois de novembre la mort se rappelle à nous. Eh oui, une fois par an, nous nous souvenons qu'un jour la vie se termine et nous commémorons nos défunts.
Car s'ils ne sont plus là, ils sont tout de même présents : par le souvenir, les objets qu'ils ont laissés et qui nous les rappellent. Il arrive parfois de ressentir leur présence, là au fond de notre cœur, lorsque l'on a la foi et que l'on croit à la vie après la mort.

Et si penser à la mort, à nos morts nous remplissait non pas de tristesse et de morosité, mais nous donnait envie de vivre ? Si savoir qu'un jour la vie terrestre s'achève nous faisait prendre conscience de l'importance de vivre l’instant présent ? Par exemple pour dire aux gens qu'on les aime, profiter des moments simples du quotidien, chercher pour quoi nous sommes faits, quelle est notre place sur terre, notre mission, réaliser nos rêves, rendre les gens heureux autour de nous ou encore arrêter de nous plaindre. Se souvenir que la vie se termine, c’est se dire qu’il y a quelque chose d’autre d’essentiel en dehors du travail et de la quête des biens matériels : l’amour, qui lui n'a pas de fin. Ce n’est pas au soir de notre vie qu’il faudra nous dire « J’aurais pu » ou « J’aurais dû ».

D’ailleurs, pour être concret, je vous propose un petit défi. Aujourd’hui (et pas demain) passer un coup de fil ou écrire à quelqu’un à qui l’on tient, pour le lui dire. Ou poser un geste concret qui va dans le sens du bien.
Lorsque quelqu'un meurt c'est peut-être le message qu'il nous laisse : profiter de chaque instant, comme si c'était le dernier. Vivre tout simplement et aimer. En demandant peut-être l'aide de ceux qui vivent, de manière différente, au Ciel.

Vous connaissez l’expression : « C’est mortel ! » sous entendu, c’est top, c’est formidable. Eh bien la vie terrestre est mortelle : c’est là son intérêt. Donc finalement ce début de mois de novembre nous invite à vivre avec intensité en aimant et à goûter, d’ores et déjà, à la joie éternelle.

Sylvie

© Flickr bpmn

N’ayez pas peur !

Loin de moi l’idée de me prendre pour Jean-Paul II ou pour Jésus, rassurez-vous, je voulais simplement revenir avec vous sur l’Evangile de ce dimanche, la Parabole des talents (Mt, 25, 14-30) Resituons rapidement les faits. Jésus raconte l’histoire d’un homme, qui partant en voyage, confie ses biens à ses serviteurs, à l’un il donne 5 talents, à l’autre 3 et au dernier un seul, « à chacun selon ses capacités ». A son retour, les deux premiers ont fait fructifier leurs talents mais le dernier n’en rapporte aucun. Il explique alors qu’il a eu peur et qu’il est allé enfouir son talent dans la terre… provoquant ainsi la colère de son Maître. Et je me dis que parfois, nous sommes un peu comme ce dernier serviteur. Nous avons peur de nos talents et nous les enfouissons dans la terre.
Mais de quoi avons-nous si peur ? Eh bien, je pense que notre plus grande peur, c’est celle que nous avons de nous-mêmes. Pour nous auto-censurer et pour nous juger, nous sommes très doués « Tu n’y arriveras pas » « Tu vas avoir l’air ridicule » « Ce n’est plus de ton âge ! » Nelson Mandela dit, et on sait quel a été son parcours, « C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus ». Nous sommes donc tétanisés par notre propre puissance de vie, notre potentialité de changement, notre créativité.
Alors qu’attendons-nous pour réveiller le Jean-Jacques Goldman qui sommeille en nous et qui a envie d’aller au bout de ses rêves ? Vous allez me dire mais comment faire ? Eh bien il faut prendre le temps d’écouter notre cœur profond. Cette petite voix qui nous titille et qui parfois depuis de longues années nous souffle un projet qui nous semble irréalisable et pourtant… Il s’agit aussi de ne pas retenir nos élans, ceux qui nous font vivre, ce qui fait qu’on se sent bien avec soi-même. Que ceux qui ont le talent de faire des blagues ne se retiennent pas d’en faire : cela égaillerait sans doute bien des réunions un peu mornes… En revanche ceux qui ont pour habitude de plomber l’ambiance, ils peuvent s’en empêcher, c’est plutôt un talent à enfouir, tout simplement parce que ce n’en est pas un. Enfin, il faut y croire, croire en nous-mêmes, croire que Dieu est à l’œuvre en nous et qu’Il nous donnera les moyens de nous réaliser et de nous épanouir parce qu’il veut notre bonheur.
Car ce que nous promet Dieu dans cette parabole, c’est la joie. Et lorsque vous rencontrez quelqu’un qui a fait le choix de vivre ses rêves ou de faire fructifier ses talents, vous rencontrez à coup sûr quelqu’un d’heureux. « Faites des heureux, à commencer par vous-mêmes ». La parabole des talents nous donne un chemin… à nous de saisir notre chance.

 Sylvie

PS : billet à retrouver également sur le Blog Notes de Radio Notre-Dame

Le silence on n’en parle pas assez !

Ca fait quelque temps que je me dis, le silence on n’en parle pas assez, et enfin, l’occasion se présente d’évoquer le sujet grâce à Benoît XVI qui ose enfin briser l’omerta sur le silence en le choisissant comme thème central de la prochaine Journée Mondiale des Communications Sociales, aussi paradoxal que cela puisse paraître.
Il semblerait dans notre monde que tout est fait pour que nous ne soyons jamais en silence. Complot géant ? Conspiration mondiale ? Machination planétaire ? Je ne pense pas. Mais toujours est-il qu’il existe un fond sonore constant dans notre vie entre la musique dans les magasins, les radios et télés allumées en continu, le brouhaha des voitures etc.  Pourquoi ? Parce que le silence nous fait flipper. Quand vous parlez à quelqu’un, n’avez vous jamais appréhendé ce moment de blanc, ce petit temps de silence qui vous met mal à l’aise et qui vous fait sentir bête ?
Un jour une ado à qui j’avais demandé pourquoi elle avait en permanence son casque sur les oreilles m’a rétorqué : « C’est parce que j’ai pas envie de m’entendre penser ». Intéressant. Dans le silence en effet, nous nous retrouvons seuls face à nos pensées, et Dieu sait si elles sont nombreuses. Comment ne pas se laisser submerger par toutes ces ondes négatives, nos problèmes, nos souffrances, notre imagination, etc ? La liste des choses qu’on à faire, le Dossier Pruneau qui au travail nous prend vraiment la tête. Pas évident. Nous ne savons pas rester en silence car nous sommes désemparés face à ce qui nous habite. Alors on préfère fermer la porte à tout, y compris aux bonnes choses, pour être tranquille.
Or je pense que ça vaut le coup de prendre le temps d’essayer, et de prendre le risque du silence. Pour cela il faut d’abord pouvoir calmer la joyeuse – ou triste – bande de nos pensées, émotions, passions en tous genres, qui se baladent ébouriffées et à moitié habillées dans notre esprit. Il faut pouvoir faire de l’ordre et ranger ce beau monde en fonction des priorités, en neutralisant les trolls qui n’ont rien à faire chez nous, et en calmant les excités. Une fois un peu cadrés, ils pourront devenir intéressants.
Lorsque le calme peut se faire enfin dans notre esprit c’est là que survient le grand risque, le grand frisson : entendre au fond de soi, son cœur profond, son de désir de vie, ses rêves inavoués, cette petite voix, parfois imperceptible qui croit en nous et qui nous veut du bien. Cela semble une évidence mais ce n’est que dans le silence que la parole ou la Parole, celle de Dieu, peut se faire entendre. Madeleine Delbrel le résume très bien par ces mots : « Faire silence, c'est écouter Dieu. » Cela demande du temps, de la patience… et de l’écoute. A nous de trouver les moyens pour éclairer et faire grandir cette force d’amour ancrée au plus profond de notre être. Alors pourquoi mettre un couvercle de mp3 à la fois sur nos pensées mais aussi sur notre cœur, alors que cette voix souhaite notre bonheur ? Pourquoi être à ce point incapable de l’écouter ?
Je pense qu’il nous faut choisir le silence, plutôt que de le subir. Aussi, je rêve d’une journée mondiale du silence, où on se passerait de la futilité de nos paroles, et au cœur de laquelle le silence, et Dieu avec lui, pourrait se faire entendre.

Sylvie

PS : vous pouvez également écouter ce billet dans le Blog notes de Radio Notre-Dame

Palais intérieur

A attendre parler toute cette année de mariages princiers, l’idée m’est venue que nous étions tous des Princes et des Princesses appelés à régner dans nos Palais intérieurs. La métaphore vous l’aurez compris s’applique à notre âme, autrement dit à notre espace intérieur. Il est très étonnant de constater à quel point parfois nous semblons soumis à nos émotions ou aux événements extérieurs, comme si ceux-ci avaient tout pouvoir sur nous.
Habiter et prendre soin de son Palais n’est pas de tout repos, cela demande du travail et de l’attention. Il faut tout d’abord le meubler et l’habiller à notre image. Tenture sur les murs ? Dorures ? Vue sur la mer ? Photos de famille, musique préférée, meilleurs souvenirs : rires, compliments, couchers de soleil etc. Bref, il faut s’y sentir bien pour pouvoir s’y réfugier à tout moment.
Si nous sommes souverains dans notre palais, comment les accidents de la vie, tracas et contrariétés du quotidien pourraient avoir une répercussion sur nous ? La colère de notre chef à propos du dossier Pruneau, même si elle fait trembler les murs du bureau, n’ébranlera pas notre château. Il est construit en matière antisismique : peu importe la magnitude du séisme, il ne nous atteindra pas.
De même la vague de stress qui monte en nous comme une déferlante lorsque l’on se sent agressés (en voiture, dans le métro, par sa belle-mère…) ne devrait pas nous atteindre, car notre demeure intérieure est construite loin des côtes. Elle ne risque aucun tsunami de peur ou d’angoisse. Elle est un lieu sûr où demeurent la paix, le calme et la zénitude.
Enfin, plus on se sent bien chez soi, plus on est à même d’y accueillir l’autre, l’étranger, le manant, celui qui ne nous ressemble pas. Car en effet, rien ne nous empêche d’agrandir notre Palais et d’y ajouter des pièces de réception. Attention cependant à veiller aux travaux d’entretien. Car lorsque le Palais est mal entretenu, les mauvaises herbes poussent, les murs se fissurent, l’Ennemi peut venir le prendre l’assaut et terminée la vie de château ! Les mauvaises pensées viendront remplacer les bons souvenirs et le ciel gris remplacera peu à peu le bleu azur de notre vue sur la mer.
Alors, n’est-il pas temps d’être bon Prince avec soi-même et d’emménager chez soi ?

Sylvie

Arme de poing

Dans un précédent article, je parlais de désarmement intérieur et de prise de nos cœurs embastillés : c’était oublier un article que j’avais sous le coude, qui présente une arme de poing que j’utilise depuis peu mais qui a prouvé son efficacité dans le combat spirituel : le chapelet.
L'avez-vous déjà essayé ? Cet accessoire souvent associé à nos grands-mères semble revenir en force autour des cous de jeunes branchouilles : il serait peut-être temps de s’en servir autrement qu’en bijou.
Réciter cinquante Je vous salue Marie à la suite peut paraître fastidieux, archaïque, débilisant voire inutile. C’est cependant une tradition ancestrale, à ma connaissance issue des mantras indiens, qui a été tout simplement reprise par les catholiques et également par les musulmans. Preuve que la méthode est éprouvée, on la copie et on l’adapte depuis des millénaires. Car le fait de répéter une même prière permet à votre âme de s’imprégner de Dieu et de se mettre en connexion avec Lui. Si l’esprit peut divaguer, les mots restent sacrés et produisent leur effet positif. Détrompez-vous, vous ne vous transformerez pas instantanément en sorcière bien-aimée et le monde ne se changera pas automatiquement en Village dans les nuages en récitant une dizaine (il ne vaut mieux peut-être pas d'ailleurs). Non, l'effet secondaire du chapelet est plus subtile et peut se manifester plusieurs heures, voire plusieurs jours après la médication méditation. Au moment où ne vous y attendez pas, vous allez agréablement vous surprendre… Face à une situation qui aurait pu vous faire perdre votre sang froid et vos cheveux, la part de Hulk qui est en vous réagira calmement et paisiblement. La colère passera et vous trouverez les mots. Place à la confiance, à l'amour et au calme. Il y aurait comme ça tout un rosaire d’exemples… Qu'elle est alors douce la victoire donnée par Dieu par l'intercession de la Sainte Vierge. Sur le champ de bataille seuls meurent l'angoisse, les doutes et la haine. 
Alors qu’en pensez-vous ? Le chapelet, l’essayer c’est l’adopter.

Sylvie

Un peu de gym’mystique

« Toutouyoutou, toutoutouyoutou… » Ce célèbre refrain – ou antienne – reste dans nos esprits associé à la religion de notre époque, je veux parler bien entendu du culte du corps, symbolisé par ces fameux cours de gym-tonic donnés à la télé pendant les années 1980. Il semblerait qu’aujourd’hui on ait oublié la première partie de la fameuse maxime « Un esprit sain dans un corps sain », au profit de la seconde. A coup de musculation, de jogging ou parfois de bistouri et de botox, prendre soin de son physique s’apparente au comble du bonheur.
Or comment peut-on ainsi dissocier l’esprit du corps et imaginer que le bien-être ne peut être que physique ? Je me pose la question de savoir pourquoi personne n’a encore lancé l’aérobic pour l’âme. Saint Ignace avait en son temps inventé les exercices spirituels, il serait bon de les remettre au goût du jour. Car muscler son âme, ne pas se laisser dominer par ses mauvaises pensées, gérer ses émotions, canaliser ses passions etc. : tout cela s’apprend et demande un réel entraînement ! Aujourd’hui tout le monde semble désemparé face aux mouvements de son âme. Or nous avons tous une vie intérieure : certains s’en préoccupent, d’autres la nient et préfèrent l’étouffer le casque sur les oreilles. Anne Roumanoff proposait dans une interview que l’on remplace les spots sur la promotion des yaourts par des spots de nature plus spirituelle : « Remerciez cinq fois par jour, vous fortifierez votre âme et augmenterez votre bien-être ».
Alors à quand la gym’mystique ? Qui nous fera faire des étirements spirituels, des assouplissements de l’âme, du stretching des pensées ? Il nous faudrait de nouvelles Véronique et Davina.

Sylvie

Vous avez soif ???

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec la canicule, la soif se fait cruellement sentir… Oui mais la soif de quoi ? Coca avec glaçons, eau fraîche, thé glacé ? Mais encore…
Bientôt sur vos écrans, un site pour se désaltérer dans l'esprit de LSD, voilà de quoi nous réjouir au coeur de la chaleur de l'été.
Vous en saurez plus le 14 juillet.
Suspens… (insoutenable…) En attendant une petite vidéo pour vous tenir en haleine…

Oasis

Contrairement à ce que le titre et l'illustration de cet article peuvent faire penser, n'ayez crainte, je ne compte pas me prendre pour Carlos, ni faire la pub d'une quelconque boisson non gazeuse. Non, je souhaiterais m'adresser plus particulièrement aux habitants des grandes villes (les autres sont néanmoins invités à poursuivre la lecture de ce billet). Je parle donc à ceux qui vivent au milieu du tumulte, de la foule pressée, des klaxons injustifiés, des gens stressés… Où la devise est "toujours plus vite"… mais on ne sait plus bien pourquoi. Vous qui fréquentez cette jungle urbaine, avez-vous fait l'expérience, que vous soyez croyant ou non, d'entrer dans une église ? A l'heure où tout le monde recherche des sensations fortes, en voici une qu'il serait dommage de rater. Vivre un moment de paix et de calme d'une telle intensité, entre, je pense, dans la case des aventures à tenter. Bien évidemment, le mieux est d'y entrer lors d'une Messe, idéale pour étancher sa soif spirituelle. Bien plus efficace que d'aller dans un café !
Et des oasis comme ça, on en trouve un peu partout. J'avoue que l'idée de cet article est née lors de mon passage dans plusieurs églises parisiennes. Et je ne croyais pas si bien penser, car en sortant de l'une d'elle  je trouvais un homme d'affaire confortablement allongé sur un banc, un qui avait trouvé un lieu de repos au sens littéral… Le temps d'avoir l'idée de prendre la photo et il s'était réveillé…
Quand on est assoiffé, autant boire à la source. Alors pourquoi hésiter ? Au coeur de nos villes, les oasis existent, et ce ne sont pas des mirages.

Sylvie

Les Chemins de St Jack

Certains l’attendaient impatiemment, voici enfin mon article sur les chemins de St Jacques…
Depuis quelques temps nous assistons au regain de cet itinéraire médiéval : topo-guides mais aussi littérature et cinéma, le phénomène prend de l’ampleur, même chez les chrétiens.

Tout d’abord, quelle que soit la motivation qui vous transforme en pèlerin, le fait de se mettre en route vous ouvre à l’autre, parfois au tout Autre et vous permet de vivre un chemin « intérieur ».

Mais c’est un autre aspect qui m’a surprise lors de ce pèlerinage : l’aspect lucratif pour parler franchement. En fait, j’ai pu constater, et je ne suis pas la seule, que les pèlerins étaient plus associés à des portefeuilles sur pattes qu’à des marcheurs en quête de spiritualité… En effet, ils constituent une manne providentielle pour les autochtones, parfois un peu exagérée.
Je m’explique. Déjà à la cathédrale du Puy nous aurions du nous méfier lorsque l’on nous a remis la créanciale*, en nous précisant qu’une participation de 5€ était la bienvenue, et en oubliant bizarrement de nous remettre la liste des haltes spirituelles. Et de fil en aiguille, de chaussettes en ampoules devrais-je dire, nous avons plus ou moins compris. Des hôtes inquiets de notre retard ? Sollicitude ? Pas vraiment, plutôt manque à gagner en cas d’annulation. Pichet de vin en demi-pension ? Supplément de 2€. « Produits de la ferme en vente dans le gîte » ? Pâtes Carrefour et sachets de café lyophilisé (« il vaut mieux en acheter 2 pour un bol »). A se demander si le sourire n’allait pas être payant.

Pour compenser cet aspect plus que désagréable (en tout cas sur le tronçon Le Puy – Conques), je tiens cependant à souligner l’exceptionnel accueil de Jean-Michel à Montbonnet et du curé d’Aumont-Aubrac. A eux deux, ils ont sauvé notre impression globale de ces nouvelles routes du business, au carrefour de la spiritualité et du tourisme, à la limite de l’arnaque.
Les chemins de St Jacques je ne sais pas, mais Jack Pot, ça c’est sûr. On ne peut que souhaiter que ce si beau pèlerinage retrouve un supplément… d’âme**.

Sylvie

* indispensable sésame faisant preuve de la bonne foi du pèlerin lors des étapes et vous permettant une fois tamponnée tout le long du chemin d’obtenir à St Jacques de Compostelle la fameuse Compostella.
** on peut tout de même signaler les Associations des amis des Chemins de St Jacques qui font leur possible pour entretenir l’aspect spirituel du chemin : http://www.webcompostella.com