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J’écris ton nom, Laïcité

http://www.decoration-guadeloupe.com/article-dessins-d-architecture-102167391.htmlRéécoutez la chronique sur Radio Notre-Dame, bon j’avais perdu mon texte, je pense que cela s’entend malgré tout. Passez 3′

Face à l’ampleur de la menace qui plane sur notre pays, notre gouvernement a dégainé une arme redoutable. Une arme à terroriser les djihadistes, à faire blêmir le calife, à faire trembler tous les jeunes tentés par un départ en Syrie. Je veux bien sûr parler de cette bombe nucléaire qu’est la Laïcité. La Laïcité, pour qui, c’est bien connu, tout le monde est prêt à donner sa vie.
La Laïcité, qui transcende les foules et les fait se lever par dizaines de milliers dans les rues, la Laïcité, idéal pour lequel on ne cesse d’écrire chansons et sonnets.
La Laïcité, qui seule ouvre une vision d’avenir pour laquelle chacun est capable de se sacrifier.
Combien de monuments érigés aux martyrs de la Laïcité, à ceux qui ont préféré verser leur sang pour elle plutôt que de vivre sous le joug de l’oppression religieuse !

La Laïcité, plus qu’une arme, se place au-dessus de tout. Il faut donc aller plus loin pour lui rendre la vénération qui lui est due. A une déesse ne voue-t-on pas un culte ? Les révolutionnaires avaient la Raison, pourquoi ne pas instituer des rites pour rendre hommage à la Laïcité ? Najat Vallaud Belkacem a décidé de lui consacrer une journée, non ! Madame la Ministre, n’ayez pas peur d’aller plus loin ! Ce sont des temples, des églises, des prières, des bougies, et des objets sacrés qu’il faut instaurer ! Rendons un culte laïc à celle qui illumine nos vies, qui nous donne envie de bouger et de changer de société !

[STOP !!!] Bon, vous l’avez compris, la laïcité ne me donne pas des étoiles dans les yeux, encore moins la chair de poule. Selon moi le problème vient du fait de confondre la fin et les moyens. La laïcité ne peut pas être une fin en soi. Non, ce n’est pas l’idéal qui fait rêver les Français, franchement ça se saurait. Et j’ai un scoop, je vais vous donner le nom de cet idéal pour lequel nous serions prêts à nous dépasser. Je vais vous le donner, quitte à en choquer certains. Cet idéal, c’est la France. Attention, pas celle qui commence en 1789, mais la France avec toute sa richesse, son histoire, ses combats, ses victoires, ses grands hommes et femmes, sa culture, sa cuisine, son art de vivre etc. Lorsque le gouvernement aura compris que c’est là qu’il doit investir, qu’il doit redonner le goût de la France, alors, j’espère qu’il comprendra que la laïcité n’est qu’un MOYEN pour vivre cet idéal.

Sylvie

Psychothérapie pour la France (version 2016)

La liberté guidant le peupleVersion audio, au bout de trois minutes sur Radio Notre-Dame.
Avec les attentats, il me semble que nous avons soudainement pris conscience que notre société va mal. On entend que les valeurs se perdent qu’il y a un manque de repères. Mais dites moi, comment une société peut-elle aller bien si elle ne sait pas d’où elle vient ni où elle va ?
Comparons la France à un être humain. Il est avéré que reconnaître que l’on va mal, c’est être à moitié guéri. Reste alors à l’être entièrement. Mais pour cela il faut prendre les moyens, par exemple en passant sur le divan. Imaginez le thérapeuthe lui dire « Chère France, parlez-moi un peu de votre enfance… » Silence. Je sens poindre le problème : « Auriez-vous quelque chose à régler avec votre passé… votre passé judéo-chrétien par exemple ? » Ouï, là ça fait mal, diagnostic : notre société ne va pas bien car elle demeure fâchée avec une partie de son Histoire. Avec un passé douloureux. Je ne suis pas médecin, mais je crois que dans ces cas là qu’il y a un mécanisme d’oubli des traumatismes antérieurs qui se forge, qui permet de vivre ou de survivre, jusqu’au moment où « ça pète », sous une forme ou sous une autre.

Un passé judéo chrétien ?
J’ai l’impression de choquer, de « blasphémer », voire de parjurer la sacro-sainte laïcité. Que la Raison me pardonne ! Le propos n’est pas d’être croyant ou non : je parle ici de culture. Alors pourquoi est-ce aussi difficile à accepter ? A l’heure actuelle, les Français associent l’ère chrétienne à l’obscurantisme : les croisades, l’Inquisition, les guerres de religions etc. Je reconnais que l’on a, en France et ailleurs, tué et massacré au nom de la religion. Comme tous ceux qui partagent ma foi, je le déplore vivement. Mais cependant, pourquoi tous ces faits historiques occultent-ils le bien qui a été réalisé par l’Eglise ? Comment peut-on passer sous silence ce que les monastères ont apporté de stabilité et de paix à l’Europe du Moyen-Age ? Comment peut-on oublier que l’instruction et l’éducation ont été développées en premier lieu par les clercs ? Comment nier que les premiers hospices, ancêtres de nos hôpitaux furent à l’origine créés par des chrétiens, fidèles au message du Christ ?
 Actuellement, l’Histoire que l’on enseigne à l’école est fondée sur un événement : la Révolution. On l’étudie en CM2, en 4e et on nous en recolle une couche au lycée – on ne sait jamais, connaître les mois révolutionnaires peut un jour nous servir au Trivial Poursuit. Mais ce qu’il y avant : on n’en parle presque pas.

Alors que faire ? Déjà ne pas se tromper de remède. On nous propose de mettre plus de laïcité, plus de laïcité, mais non !!! Il faudrait plus d’histoire, plus d’histoire, plus de culture. Cela permettrait aux Français de reconnaître, qu’ils sont profondément chrétiens, qu’ils le veuillent ou non. Et pour preuve aujourd’hui la générosité, les valeurs de solidarité et de partage, que l’on retrouve chez peu de nations. Je suis sûre qu’une guérison est possible pour la France et que tout doucement elle s’acceptera avec ses blessures, et qu’elle pourra faire ce travail de réconciliation intérieure, comme le fait un être humain qui se remet en question pour aller mieux. Et cela ne nous empêchera pas de vivre en paix avec les autres religions, au contraire ! Savoir qui l’on est, être fier de sa culture et de son histoire, aide à vivre avec les autres. Sinon il ne faudra pas s’étonner que cela aille mal.

Sylvie

NB : une première version de cet article avait été publié en 2010 « Psychothérapie pour la France« .  J’y ai pensé en lisant cet article sur Famille Chrétienne Malik Bezouh, des frères musulmans à l’amour de la France chrétienne.

Noël c’est cadeau !

KdoA ré-écouter sur Radio Notre-Dame, même s’il en manque un tiers (vers 3’34)
C’est Noël dans une semaine, et si l’esprit de Noël est parfois absent, il souffle tout de même sur la ville de Lille avec une belle initiative solidaire qui a vu le jour. Arthur depuis plusieurs mois passe tous les jours devant un SDF, il finit par lui dire bonjour, par sympathiser, par lui acheter un sandwich, et un jour, il lui donne des vêtements qu’il ne met plus et qui sont encore très bien. Il se rend compte de la joie que cela procure chez ce pauvre homme et se dit que c’est pour lui un peu Noël. Il décide alors de lancer une grande collecte pour que les 3000 SDF de Lille puissent recevoir un cadeau pour Noël et baptise l’opération « Un cadeau pour un charclo » (traduction du verlan : clochard) Il met une page Facebook en ligne et très vite, c’est un vrai succès, il collecte des cadeaux, il organise tout cela et cela prend de l’ampleur. Il a visiblement inspiré plusieurs villes pour faire la même chose. Quand on voit ce type d’initiatives qui nait spontanément, on peut rester optimiste sur notre pays, notamment après les régionales que l’on vient de vivre.

C’est pour cela qu’il me semble qu’au lieu de regarder nos hommes et nos femmes politiques se déchirer, se battre pour leur bout de gras, c’est tellement affligeant, je crois qu’il est temps de mettre les projecteurs sur les véritables initiatives, celles qui viennent des citoyens, celles qui font vraiment avancer la France. Car j’en suis sûre la solution ne viendra pas d’en haut, mais d’en bas. Je pense aussi par exemple à la start up KOOM, lancé par un jeune trentenaire qui permet à tous de s’inscrire à un défi qui permet d’œuvrer pour la préservation de l’environnement avec une démarche sociale et solidaire.

Noël nous invite à plus de solidarité, et à plus de générosité. Cet appel nous l’avons ressenti très fort après les attentats, et je pense qu’il va se développer de plus en plus –attention préparez-vous, ça va être énorme. Il y aura notamment cette année beaucoup de réveillons solidaires, d’après mes informations, beaucoup plus que d’habitude. Enfin, une amie me disait qu’il était important de garder le cœur à la fête. Et je peux vous dire lorsque vous voyez la vidéo du jeune Arthur qui a lancé un cadeau pour un charclo, il est vraiment heureux, joyeux de le faire. Et si la solidarité, le don de soi était le vrai secret de la joie qui demeure ?

Alors je vous souhaite un Noël solidaire, un Noël rempli de joie !!

sos Europe

Ecouter le podcast de Radio Notre Dame ici http://petitlien.fr/81it

Face aux drames vécus en Méditerranée, il me semble important de nommer les choses. Ce qui s’est passé la semaine dernière, est un scandale : n’ayons pas peur des mots. Comment est-il possible aujourd’hui en 2015 que de tels drames puissent se produire à nos portes ? Dans quel monde d’inégalités vivons-nous ? Comment peut-on continuer de nous développer sur le dos de l’Afrique  ? D’intervenir uniquement lorsque nos intérêts économiques sont en jeu, de mépriser les droits de l’homme et les droits de la femme tant que notre capital et notre profit sont saufs ? Donc l’adjectif scandaleux ne me paraît pas usurpé.

Mais le scandale peut aussi avoir le sens de querelle bruyante comme « faire un scandale sur la voix publique ». Alors au scandale répondons par le scandale : faisons un scandale. A ce propos je vous invite (à nouveau) à signer une pétition qui a été lancée par le Service Jésuite des Réfugiés, de Grèce, qui demande à l’Union Européenne de mettre en place les moyens pour arrêter les naufrages en Méditerranée et en mer Egée (http://petitlien.fr/SOSEurope)

Il est vrai que nous avons tendance à regarder cela en observateur lointain, n’imaginant pas qu’au contraire, nous sommes les premiers concernés. Allons-nous entendre ce « stop » que nous crient ces réfugiés par-delà la mort ? Stop à cette économie mondialisée qui a oublié l’homme, stop à ce système qui ne profite qu’à quelques uns. On aura beau mettre des bateaux et des patrouilles dans toute la Méditerranée – et c’est heureux – c’est d’un changement profond dont nous avons besoin. Car ce qui est en train de sombrer, ce ne sont pas seulement des réfugiés, c’est aussi notre société, qui, emportée par le courant, la course à l’argent et au profit est en train de causer sa propre mort. Qui, en oubliant l’être humain, en le méprisant, en l’exploitant, est en train de courir à sa perte.

Ce naufrage c’est le nôtre : et si nous ne compatissons pas à cette douleur, c’est sans doute que nous n’avons pas d’estime de nous-mêmes, et que nous ne réalisons pas que nous sommes les premiers atteints.
Comme les passeurs vendent du rêve à des gens qui veulent sortir de la misère, nous nous faisons berner par ce monde, qui nous assure que dans la possession se trouve le bonheur.

Si ces drames peuvent servir à réveiller notre conscience, à nous permettre de changer de système, alors peut-être, dis-je bien peut-être, ces personnes ne seront pas mortes pour rien.

Sylvie

Prendre le problème à la racine


Version audio sur Radio Notre-Dame (désolée j'étais un peu enrhubée)

En ce moment, entre Lampedusa, et Leonarda, la question de l'immigration se retrouve malheureusement et cruellement en première ligne. Voici donc quelques une des réponses que l'on entend pour faire face à ce type de drame :

– mieux contrôler les frontières, notamment en réformant l'espace Schengen
– réduire les avantages sociaux prodigués aux immigrés, pour que la France ne soit plus un "pays attractif"

– réformer le droit du sol

Bref, autant de solutions qui me font l'effet de pansements sur une jambe de bois. Pourquoi ne pas prendre le problème à la racine (enfin au tubercule) ? Si les Africains cherchent à quitter leurs pays, c'est bien parce que la situation économique et politique y est intenable. Les pays du Nord ne peuvent continuer à se développer au détriment des pays du sud. A un moment il faut dire stop. Et c'est peut-être en ça que Lampedusa sera peut-être un déclencheur. Car l'image que nous avons de l'Afrique est miséreuse. Certes, l'éducation, l'hygiène, le niveau de développement sont les plus bas du monde. Mais quelle terre riche ! Tous ceux qui y sont allés pourront le confirmer. Humainement, les Africains ont beaucoup à nous apprendre – surtout en terme d'accueil – et économiquement, l'Afrique est un trésor. Richesses minières, pétrolières, agricoles… Tout le monde profite de la mine d'or, sauf les principaux intéressés, le peuple africain. Y a pas comme qui dirait un problème ?

On ne peut pas avoir le beurre (même s'il est de cacahuète), l'argent du beurre et en plus se plaindre que les personnes que nous exploitons – indirectement – viennent trouver refuge en Europe. Il faut être logique. Alors que faire ? Sans pour autant en arriver à une ingérence, qui rappellerait une période douloureuse, n'y a-t-il pas la possibilité de lutter d'une part contre la corruption qui gangrène les états africains et d'autre part de tendre vers une éthique de l'économie avec nos partenaires africains ? N'y a-il pas également la possibilité de les aider sur le plan de l'éducation pour former de nouvelles élites responsables : des entrepreneurs, des médecins, des intellectuels qui pourront faire tomber les dictatures et mettre en place des démocraties ? De développer le micro-crédit ? Le commerce équitable etc. ? Les véritables solutions me semblent là et non pas dans un arsenal de protection pour faire de l'Europe une forteresse.

La France a la vocation d'être une terre d'accueil ne l'oublions pas. Mais les hommes n'ont-ils pas le droit de vivre dans leur pays ?  

Sylvie

@ LSD : Bénin 2013, écoliers rencontrés en allant vers Tanguiéta

Moutarde, colibri et autres papillons

La version audio sur Radio Notre-Dame 

"La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : Déracine-toi et va te planter dans la mer ; il vous obéirait."

Ce dimanche, le pape François commentait cette phrase de l'Evangile  : "Jésus dit qu’il suffit d’avoir une foi comme cela, petite, mais vraie, sincère, pour faire des choses humainement impossibles, impensables. Et c’est vrai !"

Ah ça fait du bien de l’entendre ! Car je suis persuadée que la foi, l’espérance  et l’amour (la charité) peuvent changer le monde.

Je me rends compte, en parlant autour de moi, qu’il règne un pessimisme ambiant et que peu de personnes pensent que le monde puisse évoluer en bien. Beaucoup se sentent écrasés par le système, dominés par les politiques et les industriels et persuadés qu’on ne pourra jamais sortir de l’ultralibéralisme, du chacun pour soi et du culte de l’argent. Mais c'est justement là qu'est le problème : rien ne changera si moi, si vous, si chacun d'entre nous n'y croit pas.

Certains pourront dire que c'est utopiste, mais est-il interdit d’avoir un idéal ? Dommage de baisser les bras avant même de les avoir levés. Deux exemples. Tout d'abord la légende du colibri qui tente d'éteindre le feu forêt. Il ne cesse de faire des allers retours pour apporter trois gouttelettes sur l’incendie. Lorsque le tatou lui demande ce qu'il fabrique, il lui répond : "je fais ma part". Cette histoire fonde l'engagement de l'Association "Colibris" dont la chanteuse Zaz fait partie. La métaphore permet de réaliser la responsabilité de chacun. Qui dit ensuite que le tatou n’a pas prévenu plus gros que lui, et que de file en aiguille une immense chaîne de solidarité ne s'est pas formée pour éteindre le feu ?

Cette métaphore me fait penser également à l'effet papillon. On dit que le battement d'aile d'un papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas. Pris dans le sens positif, un geste de fraternité peut également, par effet de rebond envahir la société, et se propager comme une onde bienfaisante. Alors me direz-vous, il suffit d'y croire, pour que cela marche et boum comme par magie le monde va changer ? On n’est pas chez David Coperfield. Y croire, c'est le préalable et c'est la base. Mais la foi sans l'action, cela n'a pas de sens. Si l'on veut changer de société, retrouver les bases d'une solidarité, si l'on veut remettre l'humain au centre, respecter la planète il y a des gestes à poser, à la portée de chacun, selon ses moyens, ce serait trop long pour faire la liste, mais voici ce à quoi j'ai pensé en vrac (à vous de compléter) :

– Parler à ses voisins

– Ne pas jeter ses mégots par terre

– Trier ses déchets

– Isoler sa maison

– Acheter ses fruits et légumes de saison chez un maraîcher

– Acheter des produits issus du commerce équitable

-Ouvrir un compte dans une banque éthique et solidaire

– Visiter des personnes âgées

Chaque fois que l'on se soucie de son prochain (que l'on importe l'esprit latino), alors oui le monde change. Ensuite, si l’on se sent prêt à intégrer une association, à travailler dans un lobby ou un think tank ou encore à s’engager en politique, alors pourquoi hésiter ?

Car tout dépend de nous, de notre capacité à CROIRE, Dieu fera le reste. Et tant pis si l'on nous traite de bisounours.

Et, vous y croyez ?

Image : chez Nectarine

Génération mai 2013

La version audio sur Radio Notre-Dame c'est par là

"Il leur faudrait une bonne guerre
" : quelques jours après l'anniversaire de la victoire de 45, cette expression semble encore plus faire écho à la réalité. On dit souvent que les soixante-huitards ont mené la guerre à leur façon, dans la rue. Or en évoquant la Manif pour tous et les veilleurs, certains parlent de mai 68 à l'envers.

A défaut de guerre (fort heureusement), les jeunes qui se lèvent en ce moment ont un combat. Non pas un combat contre, mais un combat pour un idéal : un enfant a le droit d'être élevé par un père et une mère. Un idéal. Un mot à consonance presque désuète. Il faut dire que cette mobilisation des veilleurs n'était pas prévue. Personne n'avait fait de sondages ou de prévisions. En plus, normalement, les jeunes qui font les révolutions sont un brin baba cool, arrogants, et prêts à lancer des pavés. Avec les veilleurs, il y a toujours des pavés, mais lancés dans la mare. Et le profil du veilleur ne correspond pas du tout aux idées reçues. Comment voulez-vous travailler correctement lorsque que tout est inversé ? Il y a de quoi en perdre son latin…

On les croit violents, ils ont pour toute arme des poèmes et des chansons.
On les croit de droite, ils revendiquent d'être apolitiques.
On les croit essoufflés, ils sont chaque jour plus déterminés.
On les croit réactionnaires, ils pensent qu'un monde meilleur est en marche
On les croit dans la haine, ils prônent la non-violence et citent Gandhi

Incontrôlable. Ingérable. Imprévisible. C'est peut-être le propre des révolutions, qui sait ? Et si les journalistes étaient en train de passer à côté d'un événement historique, sans précédent, tout simplement parce que ce mouvement informe n'entre pas dans leurs cases ?

Deux alternatives s'offrent alors : tout d'abord, ne pas en parler, faire comme si le mouvement n'existait pas. Des centaines, voire des milliers de jeunes qui se réunissent en silence avec une bougie toutes les semaines. Pas de quoi en faire un plat, tout juste un panier à salades.

Autre solution, en parler, mais de façon à ridiculiser et caricaturer en sortant les clichés usés de La vie est un long fleuve tranquille. C'est le cas de l'article du Nouvel Obs qui n'a d'enquête que le nom. Ca vaut son pesant de cacahuètes. Il faut néanmoins positiver : cet article met en lumière la cathosphère, certes de manière incomplète et tronquée, mais prouve tout de même qu'un intérêt est en train de naître pour cette nouvelle forme de "résistance". Il est vrai que les clichés rassurent. Dans une société où on a peur de tout, cela permet de mettre un visage sur ces jeunes qui manifestent pacifiquement pour une nouvelle société. Sauf que… s’il y a du vrai évidemment dans la caricature, tous les cathos ne sont pas en chaussure bateau et en col claudine. Eh non, désolée. Il y a même des catholiques qui se maquillent (so shoking !)

Alors que se cache-t-il derrière ces jeunes de mai 2013 ? Ces jeunes qui rêvent d’une nouvelle société, et qui sont prêts à la construire (je dis "ils" mais je pourrais dire "nous").

Des jeunes qui à l’égoïsme, préfèrent le partage
A l’injustice, l’équité
A la course au profit, le bien de l’être humain
Aux manipulations génétiques, l'écologie humaine
A l'individu, la personne
Aux armes, les bougies
A l'indifférence la compasssion
A la théorie du genre, la complémentarité des sexes
Aux idéologies, la voix de leur conscience
etc.

Une génération se lève, la révolution des roseaux est en marche, personne ne pourra arrêter ce mouvement spontané, et ce mois de mai, selon moi, sera historique. Le 26 mai, les observateurs (nouveaux ou anciens) risquent d'être surpris.

Sylvie

NB : Les textes des veilleurs


Ah que Johnny

Est-ce la honte d'aller voir un concert de Johnny ? A en croire mes collègues, assurément, mais de mon côté, j'assume totalement. Je voulais le faire au moins une fois dans ma vie, avant de mourir (après c'est plus compliqué). Donc #check, j'y suis allée la semaine dernière. Et j'ai passé un très très bon moment à voir et écouter en live le plus rock and roll des chanteurs français.

Qui est vraiment Johnny ? Un symbole, une identité, un monument, un label ? Un morceau du patrimoine français, c'est sûr. Johnny a la caractéristique de rassembler les générations, peut-être parce qu'il a su traverser les années et qu'aujourd'hui, tout le monde, jeune ou vieux, connait ses chansons. Peut-être parce qu'il est un trait d'union entre les gens. Peut-être parce que son visage et sa voix nous rassurent, tellement is nous sont familiers, au point que l'on en a oublié son nom. Lorsque l'on parle de Johnny, inutile d'ajouter Hallyday. A la moindre de ses hernies, c'est le drame national, on envoie des envoyés spéciaux à Los Angeles faire le décompte des visites de Laetitia, les JT font leur ouverture en direct de l'hôpital et, la larme à l'oeil, on est prêt à trois jours de deuil en cas de mauvaise nouvelle. On a beau changer d'époque, on ne change pas de Johnny. Outre sa voix puissante (j'ai vraiment été impressionnée), des musicos qui déchirent grave et un véritable show à l'américaine, pourquoi marque-t-il autant le public ? Sans doute sa vie tumultueuse, ponctuées d'amours déçues et de souffrance, son côté mauvais garçon, ses écorchures qu'il a encore à vif nous touchent. En chantant les blessures, l'espérance et l'amour, il vient nous rejoindre dans ce que nous sommes, et ce qui a pu faire une partie de notre vie. Peut-être est-ce la sensibilité de cet homme qui en a fait le succès ? J'ai l'impression qu'il met son coeur dans sa musique, et qu'il se donne à son public sans concession. En cela je pense qu'il ne triche pas. Evidemment, il a également besoin de notre argent et il n'est pas sur scène par seule philanthropie, mon côté bisounours a des limites. Mais le moment de partage qu'il vit avec les gens, c'est donné. Alors oui, j'étais prête ce soir-là à me brûler les doigts pour allumer le feu (ben oui c'est ce qu'il a demandé Johnny).

Toujours est-il qu'après ce concert, j'ai vraiment envie d'adopter moi aussi la rock and roll attitude. Je pense d'ailleurs investir dans des T-Shirt noir et dans un blouson en cuir. Bref, il m'a donné la pêche. Mieux qu'une luminothérapie, je peux dire qu'en une séance de concert de Johnny, j'ai reçu ma dose de good vibes, que j'ai envie à mon tour de vous faire passer. N'a-t-on pas tous besoin de mettre des mots sur nos maux ? De montrer nos failles ? N'est-il pas nécessaire d'être pour les autres des transmetteurs d'énergie et d'amour ? Et si Johnny chantait non seulement juste, mais vrai ?
Au final, vous l'ignoriez peut-être, mais on a tous quelque chose en nous de Johnny, ah que oui.

Sylvie

La mort vous va-t-elle si bien ?

On les voit partout : sur les T-Shirts, les sacs à main, en boucles d'oreille, en foulard, sur la doublure des converses… Depuis quelques années les têtes de mort sont tendances, très trendy, ce sont les must have du moment. Même les enfants ont droit à leurs body morbides. Je dis morbides car jusqu'ici les têtes de mort rimaient plutôt avec macabre qu'avec mascara. Je pense notamment aux danses macabres du Moyen-Age sur lesquelles la mort faucheuse était représentée par un grand squelette à l'allure repoussante, prêt à vous emporter à tout moment. Il y a eu aussi les Vanités au XVIIIe, où les têtes de mort nous rappelaient notre finitude, non sans vouloir nous effrayer. La tête de mort est également l'emblème des pirates, qui, s'ils élevaient un tel fanion, ne le faisait pas pour inviter l'équipage des bateaux rencontrés à venir faire une belote, mais plutôt pour leur annoncer un trépas imminent. Plus récemment, la tête de mort est devenue une "figure" emblématique du hard rock et certains T-Shirt sur fond noir peuvent vous donner le frisson, pour peu que vous soyez un peu sensibles. Enfin, on associe la tête de mort aux produits toxiques ou pour signaler tout simplement un danger mortel. 

Pour autant, cette omniprésence des têtes de mort dans la mode signifie-t-elle que nous avons, enfin, apprivoiser la mort ? Car aujourd'hui elles ont presque visages humains. Parsemées de coeurs, de gros noeunoeux, en rose bonbon ou en strass, familières et innocentes, elles sont entrées insidieusement dans notre quotidien, et elles ne font plus peur ! Eh bien malgré tout cet exhibitionnisme, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, la mort reste un sujet tabou. Elle semble même avoir disparu du paysage  : on voit très rarement de corbillard, on ne sait plus lorsque quelqu'un est en deuil, car tout le monde s'habille en noir, et nous nous sentons très démunis lorsque quelqu'un de notre entourage perd un proche. Difficile de trouver les mots. Alors pourquoi porter la mort comme un étendard sur nos vêtements et nos chaussures alors que nous ne la supportons pas ?

Nous approchons à grands pas de la Toussaint, le jour de l'année que l'on associe le plus à la mort*, et qui peut être l'occasion de voir si elle n'a pas une autre tête. On a réussi à faire de ce jour le plus triste de l'année alors qu'il s'agit de la fête de tous les saints, une fête remplie de joie puisque nous sommes appelés à vivre éternellement dans l'amour de Dieu. Bref, notre vie ne s'arrête pas le jour de notre mort, même s'il ne reste qu'un tas d'os, surmontés d'un crâne. Je sais ce n'est peut-être pas évident dit comme cela mais c'est la foi des chrétiens : l'âme ne meurt pas. Plus compliqué, nous ressusciterons un jour avec notre corps ; ne me demandez pas les détails techniques, je n'ai pas reçu de fax pour m'expliquer la procédure.

Alors, quitte à faire l'homme ou la femme sandwich, autant le faire avec des habits de lumière. Car au fond, la vie vous va si bien…

Sylvie

* pour les catholiques, la Toussaint fêtée le 1er novembre est la fête de tous les saints, le 2 novembre est la commémoration de tous les défunts

Ne cache pas ta joie !

"L'hymne à la joie", ou encore "Jésus que ma joie demeure" : que n'ont pas fait les grands compositeurs pour célébrer ce sentiment si intense ! Si ce n'est lui consacrer les plus belles oeuvres musicales. J'ai l'impression en ce moment que notre société aspire à cette joie avec avidité, à ce bonheur intense promis à tous. Les comédies, que ce soit au cinéma ou au théâtre, explosent les records d'entrées et les one men ou women show se multiplient comme des petits pains. On a besoin de se détendre et de rigoler. Mais, à vouloir chercher un plaisir éphémère, ne sommes-nous pas en train de nous tromper ? N'y a-t-il pas une joie qui passe et une joie qui ne passe pas ? Je n'ai rien contre la joie extérieure, qui peut parfois se manifester de manière très démonstrative. Je suis la première à sauter comme un cabri lorsqu'on m'apprend une bonne nouvelle. Mais ce sentiment passager d'euphorie ne laisse-t-il pas au final un amer goût de vide ? 

La véritable joie n'est-elle pas intérieure ? Il me semble que oui. Et c'est cette joie que j'ai envie de faire fructifier en moi. Cette joie discrète, qui ne se voit pas nécessairement, mais qui rayonne malgré elle. Cette joie qui irradie de l'intérieur, et qui a pour caractéristique d'être paisible (du coup rien à voir avec les danses de la pluie ou autres incantations jubilatoires). Cette joie qui n'est pas soumise aux aléas de la surface, difficultés, agressions et autres mésaventures qui peuvent nous arriver tous les jours. Cette joie qui vient du coeur et prend sa source au plus profond de nous, là où se trouve l'Amour, là où se trouve Dieu. Cette joie… La Joie. Pas forcément évident me direz-vous, car il arrive que la joie s'en aille, et qu'elle joue à cache-cache bien mieux qu'un enfant de quatre ans. A ce jeu-là, difficile d'être plus forts pour la retrouver, peut-être bien cachée derrière nos soucis. J'ai déjà fait comme beaucoup cette rude expérience de perdre la joie, et aujourd'hui je sais en apprécier la saveur. J'ai conscience que si je veux qu'elle s'installe durablement, il me faut la vouloir et la chercher inlassablement. Bon vous allez me dire, y a du boulot. On est quand même souvent tenté de râler et de se laisser aller aux pensées mauvaises que de demeurer dans la joie. C'est plus facile.

Il n'y a pas de formule magique pour rester dans la joie, si ce n'est ce travail intérieur, que chacun mène comme il l'entend. Mais pour cela nous ne sommes pas seuls ;). Heureusement la joie a comme particularité de se communiquer : les autres peuvent devenir source de joie et vice versa. Et franchement ce serait bête de s'en priver. Alors ne cachons pas notre joie, aujourd'hui, c'est rendre service à la société. Qu'en pensez-vous ?

Sylvie

NB : j'ai largement puisé ce billet dans les réflexions et les partages d'un we organisé par la co jp sur le thème de la joie