Archives pour la catégorie Actualité

Sa Majesté au service

AFP Photo- Adam Berry
AFP Photo- Adam Berry

La version audio au bout de 2’40 sur Radio Notre-Dame c’est par là !
L’an dernier à Paris, lorsque la reine d’Angleterre était venue à Paris, elle avait échangé avec les commerçants du marché aux fleurs. L’un d’entre eux m’avait dit quelques jours plus tard : « C’est lorsqu’on la rencontre que l’on prend la mesure de sa démesure ». La reine d’Angleterre, j’ai l’impression que c’est cela avant tout : un personnage inclassable, hors, norme. Elle règne depuis 64 ans, elle a connu 12 premiers ministres, 9 présidents français… Et elle est toujours là. Finalement elle est devenue atemporelle, elle est à la fois de toutes les époques et d’aucune. Pour moi elle est stupéfiante. Elle semble hors du temps et traverser l’Histoire avec ce flegme britannique, oh 90 ans ! My God, I’m sorry I didn’t realize ! Comme un roc, son trône inébranlable tient bon et je ne sais pas vous mais je trouve que dans notre époque particulièrement trouble elle a un côté rassurant, hasn’t she ?

Ca n’a pas été toujours évident pour elle. Elle est toute jeune quand la guerre est déclarée. Elle se met alors au service en tant qu’ambulancière : c’est quelque chose qui a sans doute forgé son caractère. Elle a donc traversé les épreuves toute sa vie avec abnégation, j’allais dire presque sans émotion. Et c’est quelque chose qu’on lui a souvent reproché, lié à son éducation. En particulier au moment de la mort de Diana, elle n’a pas exprimé vraiment de sentiment. Elle a mis de l’eau dans son vin depuis et montre des gestes d’affection envers ses petits-enfants notamment Kate et William. Elle est de nouveau populaire. Elle dégage tout de même une force incroyable, une fermeté et une forte personnalité. On n’en impose pas à la reine d’Angleterre, c’est elle qui s’impose à vous, mais elle reste au service de son peuple, auquel elle a consacré sa vie.

Alors vous allez me dire, elle a surtout un rôle de représentation. C’est vrai. Elle incarne un style, une classe, une élégance, c’est un peu un modèle de bonnes manières, de politesse. Et aujourd’hui c’est plutôt chose rare ! Elle a une vraie prestance, elle est solennelle, quelque part, elle nous tire vers le haut. Alors il y a je suis d’accord un protocole, une rigueur qui sont sans doute décalés des usages de notre époque. Il est sans doute nécessaire de dépoussiérer un peu Buckingham Palace. Malgré tout, elle symbolise la continuité, une forme de stabilité dans un monde en perpétuel mouvement. Et nous les Français nous regardons cela parfois un peu étonnés mais peut –être aussi envieux. Qui sait, c’est peut-être ce qui nous manque en France : une reine majestueuse.

God save the Queen !

Sylvie

 

« C’est de la merde ! »

Blog MorandiniPour écouter la version audio, c’est par ici : Blog Notes sur Radio Notre-Dame.
Nous gardons tous en France un souvenir joyeux et amusé de la gouaille de Jean-Pierre Coffe et de son fameux : « C’est de la merde ! ». Or on ignore souvent que c’est quelqu’un qui a eu une vie assez rude. Il a perdu son père très tôt, il a eu un accident qui lui a laissé longtemps des séquelles, et je passe sur différents épisodes éprouvants de sa vie. Et pourtant, il reste dans notre esprit comme un personnage haut en couleurs, bon vivant, aimant la bonne chère, les bons produits, bref la vie tout simplement. Il avait demandé à ce que l’on ne fasse pas de nécrologie, mais seulement de la rigolade. Cela nous invite à la réflexion sur notre propre capacité à dépasser nos souffrances. Est-ce qu’au cœur de notre épreuve, il nous est possible d’espérer des jours meilleurs, et de la traverser, sûr et confiant que cela n’est que passager. Cela nous renvoie également à la question du choix. Le choix de la vie plutôt que la mort, le choix de la joie plutôt que la tristesse. La vie de Jean-Pierre Coffe c’est peut-être un exemple de ce que la volonté, et la force de caractère sont capables de faire et de surmonter.

Et Dieu sait s’il avait un sacré caractère et qu’il en a joué, surjoué peut-être sans doute jusqu’à la caricature de lui-même. Derrière ce côté atypique, je vois une chose à retenir : être capable d’assumer notre différence. Elle peut parfois nous faire peur, car on aimerait ressembler aux autres, être dans le moule, dans la norme. Mais le cadre, l’étiquette : « C’est de la merde ! » Pour moi, ce que nous dit la vie de Jean Pierre Coffe c’est : osez être vous-même quitte à parfois à être ridicule… Et alors ? Au final, tout le monde sera gagnant. J’aime cette citation : « Si je ne suis pas moi-même, qui le sera à ma place ? » Si tout le monde se ressemblait quelle tristesse. Alors, prenons soin de découvrir nos talents, de les déployer et de les mettre au service de la société. Le monde en a besoin !

Car au final, son talent lui a permis de faire passer un message. Il fait partie sans doute des premiers à avoir parlé de la mal bouffe. Et si aujourd’hui la question de l’alimentation est devenu un sujet de préoccupation pour les Français, il y est certainement pour quelque chose. Alors au-delà du personnage truculent, Jean Pierre Coffe a réussi le tour de force de nous faire passer des idées. Il était notamment très attaché au manger local, à privilégier les circuits courts, à consommer des fruits et légumes de saison etc.

Alors aujourd’hui j’ai envie de dire merci à Jean Pierre Coffe pour ce qu’il nous a apporté, pour la leçon de vie qu’il nous donne au-delà de la mort. On va essayer de continuer.

Mourir pour vivre

Plante 22 marsLa version audio sur Radio Notre-Dame c’est par ici !
Avec les attentats, c’est comme si la mort, le mal, la souffrance, qu’on aimerait tellement voir disparaître eh bien bam, d’un coup, viennent nous dire : « Coucou on est là ! Vous nous aviez oubliés ? » Ces événements nous rappellent tragiquement que notre vie a une fin, que la souffrance et l’épreuve en font partie. Car nous sommes tous à un moment ou à un autre confronté à la mort. La mort d’un proche, mais aussi la mort d’un projet, la mort d’une relation… Une amie qui était au stade de France le vendredi 13 novembre, et qui a vécu une soirée très mouvementée m’a dit que ce qui avait changé depuis ce moment là, eh bien c’est qu’elle avait accepté l’idée de mourir, l’idée que cela s’arrête un jour. Et c’est cela que nous sommes en train d’apprendre en ce moment : l’acceptation de l’épreuve, de la souffrance et de la mort.

Accepter ok mais que faire ? La première réaction qui m’a le plus marquée sur les réseaux sociaux est celle de la compassion dans la douleur. Consoler : quel beau mot de la langue française ! La réponse à la mort et à la souffrance c’est peut-être prendre soin des uns des autres. Mais sans attendre un malheur pour le faire. Dans ce domaine-là nous avons pas mal de choses à inventer.

Il est tout de même étonnant que ce drame ce soit produit au cœur de la Semaine Sainte. Les évêques de Belgique ont d’ailleurs déclaré : « le Vendredi Saint nous est tombé dessus avec trois jours d’avance. » Je le vois comme un signe très fort pour nous inviter à ne pas nous morfondre et ne pas nous laisser entrainer dans une spirale de peur et de revendications sécuritaires. Au contraire ! Si Jésus passe par l’épreuve de la Croix, par la Passion, c’est pour revenir ensuite à la Vie. Quel paradoxe ! Au milieu des drames, se trouve l’Espérance qu’un monde meilleur. Mais ça je vais vous dire, ce renouvellement de société, il ne dépend pas des politiques, il ne dépend pas du Président ni du premier ministre, il dépend de vous, il dépend de moi, il dépend de chacun d’entre nous, du regard que nous posons sur notre voisin, sur celui qui est différent. Et ce regard, nous devons aller le chercher au fond de notre cœur, là où se trouve la Lumière, la Lumière de la Résurrection, qui vient éteindre à tout jamais les ténèbres de la mort.

Je pense particulièrement aujourd’hui à tous ceux qui souffrent, et qui sont dans la douleur. Qu’ils continuent à croire que l’Amour et la Vie vont triompher.

Sylvie

L’urgence est ailleurs

Rabii RammalA ré-écouter sur Radio Notre-Dame.
C’était il y a une semaine, la France vivait un drame terrible. Le dernier jour d’insouciance pour notre pays, car rien ne sera plus jamais comme avant. L’état d’urgence va d’ailleurs être prolongé de trois mois. Mais où se trouve vraiment l’urgence ?
Il y a urgence certainement à préserver notre sécurité, mais il me semble que l’urgence est également ailleurs (tout comme la vérité). Il y a urgence, urgence à remettre du lien dans notre vie, à remettre de l’humain, à nous parler, à exprimer notre solidarité, à se sourire, s’échanger des regards. Il est urgent de revenir à l’essentiel. Et au final l’essentiel c’est d’aimer. Il est également urgent de faire de la philo, de la théologie, de mettre de la culture au milieu de cette ignorance. Il est urgent de mettre de la lumière dans les ténèbres.
Il y a urgence aussi à se sentir ensemble, à agir ensemble, à nous battre ensemble. Ensemble, c’est un mot que l’on a beaucoup entendu ces jours ci. Ensemble, chrétiens et musulmans, unis.

Selon moi, nous assistons en direct-live (sur toutes les antennes) à la fin d’une époque. Avec la gravité de ces événements, nous allons sortir de l’égoïsme, du chacun pour soi, de la course au profit. Mais la fin d’un monde suppose le début d’un autre. Nous allons très certainement, malheureusement, traverser de très lourdes épreuves. Mais nous allons aller vers quelque chose de beaucoup mieux que ce que nous connaissons, quelque chose d’extraordinaire. Je pense que nous allons revenir à notre cœur. Nous allons retrouver ce qui fait la merveille de notre humanité. Et ce que nous avons vu avec #porteouverte, avec les hôpitaux qui ont réquisitionné au dernier moment, eh bien ce n’est que le début également de cette vague d’amour qui va submerger notre pays.

Vous allez me dire que ce type d’élan de solidarité n’a qu’un temps… Là je vous dis que cela sera quelque chose de profond. Quelque chose d’enraciné, de solide, que personne ne pourra détruire pas même les terroristes les plus déterminés. Un tsunami sans précédent, tellement fort qu’il ne pourra s’arrêter. Et c’est assez ironique finalement car les djihadistes vont créer malgré eux exactement l’inverse de ce qu’ils escomptaient. Ils espéraient de la haine, ils auront de l’amour, ils pensaient nous détruire, ils vont nous rendre encore plus vivants.
Et cette vague sera tellement forte, qu’au final, elle pourrait bien finir par les emporter. Car rien n’est impossible à Dieu.

Retour vers le futur, ou pas !

Retour vers le futurEn ré-écoute sur le site de Radio Notre-Dame en cliquant ici !
Cette « retour vers le futur mania » qui a parcouru le web ces derniers jours m’a beaucoup amusée. En effet, mercredi 21 octobre 2015 était un jour très attendu, non par parce que c’est l’anniversaire de mon baptême, mais car c’est la date à laquelle arrivaient dans le futur les deux héros du film Retour vers le futur. C’est assez étonnant de voir ce qui avait été prédit par le film, et ce qui s’est effectivement produit et ce qui ne s’est pas (encore) réalisé. En fait on parle beaucoup de futur, mais j’ai vu surtout dans ce phénomène une forte nostalgie, de ce film des années 80. Et au contraire de nous tourner vers le futur, cela nous avons plutôt assisté à un retour vers le passé. Et ce phénomène me semble très fort actuellement : retour vers les choses anciennes, les meubles vintage, la mode du rétro etc. Comme si le passé avait quelque chose de rassurant dans un monde où tout paraît incertain. Sans parler de tous ceux qui se morfondent en pensant que c’était mieux avant, et qui regrettent la France (fantasmée) de leur enfance.

Sommes-nous alors incapables d’avancer ? C’est sûr, si l’on regarde en permanence derrière nous, ça ne va pas être évident. Il y a donc un juste équilibre à trouver pour tenir la main d’hier tout en prenant celle de demain. D’où l’importance de connaître le passé, de corriger les erreurs pour inventer l’avenir. Tout ce qui est bon du passé, il s’agit de le transformer au lieu de le ressasser comme un vieux vinyl dans son mange-disque. Au bout d’un moment il finit par se rayer de ne plus être audible. Selon moi, le futur, c’est le passé augmenté. Je fais partie de ces gens qui pensent ce sera mieux après.

Il semble que tout est fait pour que l’avenir nous fasse peur : le réchauffement climatique, le catastrophisme, le fait que nous allons être de plus en plus nombreux sur terre. Le futur semble être teinté de noir et de pessimisme. Est-ce que l’on peut imaginer aujourd’hui comme l’on fait les scénaristes de Retour vers le futur un avenir meilleur dans 30 ans ? Vers quelle forme de meilleur voulons-nous aller ? Quelles sont les priorités ? L’argent doit-il rester notre objectif numéro 1 ? Est-ce le plaisir ? Le confort ? Le progrès technique ? Ou bien plutôt l’amour ? La relation ? L’être humain ? En fait je me demande si préparer l’avenir ce n’est pas finalement simplement vivre à 100% le présent. Car l’avenir se décide aujourd’hui, par nos choix du quotidien tout en gardant à l’esprit d’où l’on vient et où l’on va. Il y a des choix fondamentaux à poser pour inventer le scenario d’un retour vers le futur en 2045. Reste à savoir lesquels.

Sylvie

 

France : de la violence dans l’Air

@Flickr Doug
@Flickr Doug

Version audio diffusée sur Radio Notre Dame :

S’il est difficile de justifier l’arrachage de chemise du représentant RH par les salariés d’Air France, il est toujours possible d’essayer de le comprendre.

Lorsque vous n’êtes qu’un numéro dans une multinationale ou lorsque l’on vous annonce un plan social alors que l’entreprise fait des bénéfices, on peut comprendre qu’au bout d’une moment l’on puisse s’énerver. La colère peut être légitime lorsqu’elle est déclenchée par l’injustice, la perte de dignité. etc. Et une colère peut être saine pour faire changer les choses. Le problème, c’est lorsqu’elle dégénère en violence. On entre alors je pense dans un cercle vicieux de surenchère qui au final s’avère stérile. Personne n’est à l’abri. Cet été pour vous raconter une anecdote, j’étais à un concert, et vous savez on est serré, on a besoin d’un peu d’espace et le ton est monté avec ma voisine qui a fini par m’agresser verbalement. Cela m’arrive vraiment très rarement, mais il est monté en moi une envie de la frapper, mais quelque chose de fort. J’ai réussi à me calmer grâce à la Communication Non Violente et parce que le concert était super. Donc ces forces intérieures de destruction, elles sont en nous, elles sont latentes, et peuvent être exacerbées par un environnement hostile. Et voilà ce que ça donne.

Mais cette violence n’est-elle pas tout simplement le reflet de notre société ?

Je le crois en tout cas, et c’est encore un paradoxe complètement français. Tout le monde s’est scandalisé de cet arrachage de chemise, parce que c’est vrai, on attend autre chose de la part d’une société dite « civilisée ». Je rappelle tout de même que l’on mange de la guerre à tous les repas, que l’on nous sert du règlement de compte à toutes les sauces, sans parler des faits divers, des fusillades ou des enfants passés dans la lessiveuse. On se demande presque s’il n’y a pas un Ministère invisible du stress et de l’agressivité, qui aurait recommandé 5 scènes de violence et de haine par jour, histoire d’altérer notre bien-être.

C’est véritablement à un changement de société que nous appelle ce type d’événement. Ce n’est jamais évident de s’attaquer à la racine du mal, parce qu’il faut pour cela aller au fond de soi-même (et tout le monde n’est pas spéléologue). Cela peut passer par un travail sur soi pour certains. Ensuite, je crois beaucoup à la CNV, Communication Non Violente, qui permet à partir des faits, d’exprimer ses émotions et de voir en fonction, les besoins qui ne sont pas remplis. Le fait de verbaliser son mal être est fondamental. Et pour terminer, peut-être aussi tout simplement que la solution est de se tourner vers Dieu, pour qu’Il puisse transformer cette violence en bienveillance, et en amour. Et lui dire notre impuissance car compter sur nos propres forces me paraît très difficile pour lutter contre cette colère qui peut nous habiter et qui est totalement humaine. Ah oui, faire du sport aussi ça peut aider 😉

L’Arabie Saoudite, la France, toi et moi

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite « a été élue Présidente du groupe qui nomme les experts du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ». Au début en voyant cette information, j’ai cru comme beaucoup à une (mauvaise) blague mais non, il s’agit bien de la réalité. Vous allez me dire, ce n’est pas comme si l’Arabie Saoudite était l’un des pires pays en matière de droit de l’homme. Je me pose juste la question de savoir ce qui lui vaut une telle reconnaissance de son expertise dans le domaine…
Est-ce pour avoir décapité depuis le début de l’année une centaine de personnes en place publique ?
Ou en raison des flagellations de blogueurs ou d’opposants qui tentent d’exprimer une opinion à l’encontre du régime.
Ou est-ce pour son exemplarité en ce qui concerne le droit des femmes, qui doivent demander l’autorisation d’un tuteur masculin pour voyager, se marier, faire des études…
Ou alors, est-ce en raison de la restriction de la liberté religieuse ?
Peut-être est-ce l’accumulation de ces mérites qui lui vaut aujourd’hui l’honneur de nommer des experts auprès du Président du Conseil des droits de l’homme.

Là où je reste scotchée sur ma chaise, c’est du fait que cette longue liste ne pose absolument aucun problème à la France sur le plan éthique. Nous continuons d’être leurs alliés, de leur vendre des armes etc. Bien tranquillement. Ah oui, j’oubliais un point important, pardonnez-moi mais où avais-je la tête. Nous avons un intérêt là-dedans : l’argent ! Les droits de l’homme ne nous intéressent finalement pas tant que ça, tout dépend du portefeuille de l’interlocuteur et des enjeux financiers qu’il y a derrière. Donc voilà à nouveau la France dans toute l’étendue de son paradoxe.

Il est vrai que cette décision de l’ONU peut nous faire dresser les cheveux sur la tête, mais elle peut aussi nous renvoyer à nous-mêmes. Est-ce que nous ne sommes pas parfois dans le paradoxe ? Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Est-ce que nous n’avons pas tendance à travestir un peu la vérité, histoire d’être tranquille ou d’arriver à nos fins.

Donc finalement, s’il faut trouver un aspect positif à cette décision – il faut bien, sinon c’est à désespérer – c’est qu’elle peut nous permettre de nous remettre en question, et nous inviter à corriger nos propres contradictions. Aïe ! J’en entends certains à qui cela fait déjà mal. Rassurez-vous, nous ne sommes pas seuls dans ce combat. Il est possible de faire appel à Dieu. Lui seul peut éclairer nos consciences, rendre droit nos chemins courbes, cohérente notre vie. Je suis sûre que l’unité intérieure est possible, et si nous la vivons, alors nous pourrons faire de grandes choses, pour le respect des droits de l’homme.

Chansons douces

Vous avez sans doute constaté ces derniers temps que la musique chrétienne en France commence sérieusement à prendre son envol, l'oisillon est sorti de sa coquilles, ses ailes semblent soudainement pousser, et il va bientôt décoller. Pour dire à quel point il était temps, il faut savoir que dans des pays comme les Etats Unis, il existe depuis des années des bacs entiers dédiés à la musique chrétienne. En France bien entendu les Glorious ont ouvert la voie et ils poursuivent leur route aujourd'hui avec notamment un nouveau clip sorti récemment "Notre Père". En musique pop il y a également le groupe PUSH, également dans le rock chrétien. De manière plus commerciale on avait vu également apparaitre le groupe des Prêtres, qui sortent un nouvel album et l'Album Vivre d'amour composé par Grégoire interpreté notamment par Angoon et Natasha Saint Pier chantant les poèmes de Sainte Thérèse.

Mais tout semble s'être accéléré en cette fin d'année 2014 avec notamment je pense l'effet Soeur Cristina, celle qui a remporté The Voice en Italie. Dans son sillage, toujours chez Universal, le chanteur Grégory Turpin fait une percée remarquable avec son album "Mes racines" qui reprend tous les chants que nous connaissons bien mais remixés et actualisés, c'est un vrai bonheur, et un beau cadeau pour Noël. Mais à côté des têtes de gondole, on trouve d'autres chanteurs, dans des styles très différents et je ne pourrai pas les citer tous : en reggae les Guetteurs, en slam le chanteur Emile, en musique plus classique les Dei Amoris Cantores, Soeur Anne-Elisabeth également qui chante Ste Thérèse ou encore le petit groupe Lux Vivens qui en ce moment cherche des financements pour leur nouvel album. 

Jérôme Anciberro dans un article a parlé de compote pour tous, et d'aspect sirupeux de cette musique. On peut ne pas aimer le style de musique, la voix de certains chanteurs, mais perso je tire mon chapeau à tous ceux qui osent, qui ont reçu un talent et qui font le choix de le mettre au service de Dieu. Parfois ce sont des années de galère, de salles difficiles à remplir, de problèmes financiers.  Ils ont sans doute encore à progresser, à se professionnaliser pour certains, mais ils y vont avec joie et audace, et c'est remarquable. Ces artistes chrétiens nous prouvent que la persévérance paie et qu'en plus, ils ont un public. Si Soeur Cristina a un tel succès, c'est bien qu'il y a une attente, une quête de sens, une soif de spiritualité. Et si ces chanteurs peuvent apporter cela à notre monde, alors Dieu soit loué. Alors un grand bravo à tous, surtout continuez, et ne baissez pas les bras, cette musique c'est celle d'aujourd'hui, mais c'est aussi celle de demain. Et puis après tout, un peu de sirop, de sucrerie, de douceur, en cette période de déprime, n’est-ce pas ce dont nous avons le plus besoin ? Joyeux Noël à tous !

Sylvie