Brexit, prouve que tu existes

brexitVersion audio sur Radio Notre-Dame, passez 2’20
Quant on n’est plus d’accord sur les valeurs, sur le sens de la relation, alors il est peut-être temps en effet de se séparer. C’est dur c’est certain, surtout lorsque la décision est unilatérale, et lorsque l’autre ne s’est pas préparé. C’est toujours douloureux. En tout cas en l’occurrence avec le Royaume-Uni, cela nous interroge sur le chemin pris par l’Europe. Quelle Europe ? L’Europe fondée uniquement sur l’argent et la quête de profit commence sérieusement à s’effriter, ce n’est peut-être que le début. Mais ce n’est la Grande Bretagne qui a quitté l’Europe la première non, c’est l’être humain. L’homme n’est plus au cœur de l’Europe. Et on ne fait pas battre le cœur d’un continent avec une monnaie, fut-elle unique, sonnante et trébuchante. On ne peut pas continuer de se laisser bercer d’illusions comme ça au son de l’accordéon*. Aucune vision, aucun projet, si ce n’est des directives, des lobbyes toujours plus puissants, qui imposent leurs lois au détriment des petits, de ceux qui sont sur le terrain, comme ils peuvent. Comme si une relation pouvait être dictée par des tiers. L’Europe ne fait pas rêver, l’Europe n’a pas de vision, l’Europe est très auto-centrée. Lorsque l’on voie les drames qui se déroulent en Méditerranée, on se demande vraiment où sont passées ses valeurs, si elles n’ont pas coulées tout au fond de l’eau.

Et si c’était un mal pour un bien ? Parfois se séparer permet de prendre du recul, peut-être de se ressourcer, de se refaire une santé. Peut-être que cette onde de choc va permettre à l’Europe de se ressaisir. Est-ce uniquement du business que nous voulons ou quelque chose de plus grand ? Avons-nous vraiment envie d’une Union Européenne qui soit vecteur de Paix ? Qui permette de réduire les écarts entre le nord et le sud ? Ou autre chose ?

Et si c’était se quitter pour mieux se retrouver ? A notre échelle c’est assez parlant. Regardez nous allons pour la plupart partir en vacances, il va y avoir cette séparation de quelques semaines, et ce sera pour mieux nous retrouver à la rentrée, qui sait de manière renouvelée. Après l’été nous aurons changé évolué, nous aurons envie peut-être de nous adapter différemment. A l’échelle d’un pays c’est plus compliqué car il ne s’agit pas pour l’Angleterre de prendre les vacances mais de prendre le large définitivement. Mais on peut tout de même imaginer que cela puisse évoluer. Si un jour le Royaume Uni revient, c’est parce qu’il aura changé, et que le projet Européen lui aussi aura bougé. Ce temps de séparation va peut-être aussi servir à cela. Il est surtout temps que batte à nouveau le cœur de l’Europe, pour la mettre vraiment en mouvement vers son destin. A nous donc, tels des médecins de réa, de redonner ce cœur à l’Europe. Peut-être déjà en mettant du cœur dans notre vie et dans tout ce que nous faisons. Remettre l’Amour au centre.

Donc, ce n’est qu’un au revoir, oui nous nous reverrons.

* nous informons nos aimables lecteurs qu’un défi avait été lancé à l’auteure pour qu’elle puisse placer « accordéon » dans sa chronique.

 

3 réflexions au sujet de « Brexit, prouve que tu existes »

  1. Quand on pense à l’exaltation que le projet européen pouvait susciter dans les années 1990, en Suisse en tout cas… Là, il y avait du rêve.
    P.-S.: super titre!

  2. Je me permets de te reprendre sur un terme, ce n’est pas la Grande-Bretagne mais le Royaume-Uni (ça ne renvoie pas à la même chose) qui a voté pour sa sortie de l’Union Européenne. Là encore d’ailleurs, attention à la justesse des mots, le RU fera TOUJOURS partie de l’Europe, puisque c’est le nom du continent.

    Ensuite, l’argent est justement en plein cœur de ce vote, puisque la majorité des Britanniques pro-Brexit ont voté pour que cet argent balancé à l’UE soit versé à leur service de santé publique – c’était même un des points les plus importants de la campagne Leave (point qui s’est très vite relevé être un mensonge d’ailleurs). Ce vote n’est absolument pas une question de valeurs, et ne l’a jamais été.

    Et puis, l’amour n’a jamais été au cœur de l’Union Européenne. C’était plutôt une envie d’être plus puissant ensemble pour contrer les conflits futurs.

  3. En fait il faut un peu élargir la question du Brexit, qui n’est pas seulement une affaire anglaise, mais un résultat de l’état de l’Europe ces dernières années.
    Il faut rappeler que lorsque l’Europe fut fondée au lendemain de la seconde guerre mondiale et en réaction aux égoïsmes nationaux européens qui avaient permis ces atrocités, c’était des personnalités catholiques qui en avaient été les inspirateurs. On peut citer les démocrates-chrétiens, l’Italien Alcide de Gasperi et l’Allemand Konrad Adenauer, en France le Lorrain Robert Schumann et le Général de Gaulle.
    A cette époque la construction européenne a connu des succès; on peut citer notamment la reconciliation franco-allemande qui n’était pas une évidence si l’on se rappelle les siècles de guerre qui avaient fait des deux nations des ennemies héréditaires, ainsi qu’un développement économique « les trentes glorieuses » qui ont conférées à l’Europe une prospérité qu’elle n’avait jamais connue.
    La chute des régimes communistes a constituée en quelque sorte l’apogée de cette Europe les nations libérées d’Europe de l’Est rejoignant ce système qui n’avait pratiquement jusque là connu que des succès.
    Depuis cette date l’Europe n’a plus connu que des échecs, l’instauration de l’Euro, réduisant des pays du Sud de l’Europe comme la Grèce à la misère, la crise des migrants, aujourd’hui le terrorisme, l’Islamisation, finalement la sortie de la Grande-Bretagne.
    Un tournant s’est produit autour des années 2000. Dans les discussions préalables au vote de la future constitution européenne des milieux laïcs et francs-maçons ont fait exclure toute référence aux racines chrétiennes de l’ europe trahissant la pensée et l’action de ses pères fondateurs. Un candidat italien au poste de commissaire européen a même été rejeté au motif de sa foi catholique parce qu’il avait osé dire qu’il considérait l’homosexualité comme un pêché!
    On peut relire je crois avec profit un livre du XIXème siècle écrit par le révérend père Huguet « Les terribles châtiments des révolutionnaires ennemis de l’Eglise de 1798 à 1879 ». S’inspirant d’un style remontant à l’historien romain Lactance mort en 325 apr.JC et auteur de « la mort des persécuteurs », le Révérend Père suivait les itinéraires personnels de révolutionnaires connus et moins connus pour montrer qu’ils durent tous subir de leur vivant une expiation pour les crimes qu’ils avaient commis contre l’Eglise et contre des innocents. La fin de leur vie était marqué par la maladie, la souffrance, la mort dans l’impénitence finale. La même règle s’appliquait aux Etats qu’ils avaient formés, notamment l’Italie unifiée fondée sur la dépossession par les rois d’Italie du Pape de ses Etats. Plusieurs des Rois d’italie moururent de maladie inexpliquée ou suite à des attentats.
    Nous manquons malheureusement aujourd’hui d’historiens de ce style et de cette qualité. Ils permettraient de faire comprendre au public ce qui se passe en Europe
    aujourd’hui!

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