Réflexion underground

octobre 24th, 2014 Publié dans Humeur Tags: , , , , ,

Bon, il y avait longtemps que je préparais ce petit coup de gueule, donc là ça y est on y va. Je vais aborder un sujet dont on ne parle pas suffisamment : la poésie dans le métro à Paris…

Vous savez dans certaines rames, les encarts publicitaires sont libérés de l’esclavage commercial pour trouver une seconde vie et accueillir des morceaux choisis de poésie. Jusqu’ici tout va bien : quelle joie de voir qu’il est possible de lutter contre un monde de profit pour laisser la place à l’inspiration et à la rêverie. Sauf que ce serait trop beau. Et on se demande si l’agence de communication n’a pas reçu le brief à l’envers. Au lieu de faire en sorte que ces mots invitent à la réflexion, à s’élever vers le haut, à nous faire rêver, et bien c’est tout le contraire. Comme si les gens ne tiraient pas assez la tronche dans le métro, il fallait en rajouter. Donc alors que vous voyagez tranquillement, vous êtes souvent agressés par des vers nostalgiques, noirs, mélancoliques… Des vers qui vous enfoncent, vous faisant perdre l’espoir d’un amour possible et vous laissant dans un sentiment d'amertume, d'insatisfaction, d'isolement et de désolation. Donc à la rigueur je regrette presque les pubs qui elles au moins me font sourire et mettent de bonne humeur.

Certains diront que c'est plutôt positif car cela prouve que la RATP considère que les usagers ont une vie intérieure et spirituelle et qu’elle s’en préoccupe, merveilleux, ce qui est très LSD. Mais si c’est pour nous plomber le moral, ce n’est peut-être pas nécessaire, et il y a peut-être d’autres priorités. Je me dis que l’argent pourrait être investi par exemple dans les escalators. Lorsque vous arrivez Gare d’Austerlitz, je pense que cela vous serait plus utile avec votre valise de 25 kg plutôt que d’apprendre qu’un poète anonyme a rangé le soleil dans sa bibliothèque. Il me semble aussi que faire des efforts pour les personnes handicapées en multipliant les ascenseurs, pourrait également être une priorité de la RATP…. On aurait un métro impeccable et propre, pourquoi ne pas se lancer dans ce type de projet mais là non….

Donc si on veut vraiment se servir de ces espaces pour quelque chose, il faut déjà définir l’objectif : si c’est rendre les gens un peu plus malheureux, c’est clair autant arrêter tout de suite. Mais si l’objectif est de rendre plus humain le métro, d’apporter du sourire, de la bonne humeur alors il faut revoir totalement la sélection des poèmes : pourquoi ne pas tout simplement publier des maximes, des proverbes de bon sens qui nous font réfléchir un peu. Pourquoi ne pas publier aussi des petites injonctions en invitant les gens à plus d’humanité : « Avez-vous dit bonjour à votre voisin de métro ? » « Dire merci 5 fois par jour est bon pour la santé » « Un sourire peut changer une vie »… Je suis sûre que des petites phrases parsemées dans le métro incitant à plus de liens auraient un effet bénéfique sur la société .Je n’irai pas jusqu’à dire des phrases de l’Evangile ou du livre des proverbes mais arrêter de parler d’amour perdu pour parler d’amour trouvé. Allo la RATP ?

Sylvie

Inch’All’Apôtre

octobre 10th, 2014 Publié dans Actualité Tags: , , , , ,

La version audio sur Radio Notre-Dame, elle fait partie du Top 10 
Le film l'Apôtre raconte la conversion d'un musulman au christianisme, donc dès le pitch on sent bien que le sujet va gratouiller. Raison de plus pour aller le voir. Tout d'abord, j'ai beaucoup appris sur les musulmans à côté de qui nous vivons et que finalement je ne connais pas ou très peu. On découvre une communauté d'hommes et de femmes, qui prient, qui s'instruisent, qui travaillent qui vivent, qui aiment. J'ai aussi appris sur le Coran : ce qu'il dit de la polygamie (les hommes doivent traiter chaque femme équitablement), la question de l'aumône, la zakât, qui ne peut être faite qu'entre musulmans, leur sens des traditions, leur hospitalité etc. Quelque chose de terrible est également présenté dans ce film : un musulman ne peut pas se convertir au christianisme, c'est absolument impensable. Dans certains pays, les convertis risquent même leur vie. On découvre ainsi le poids de la communauté, le poids du regard des autres, du jugement etc. Et puis, ce film c'est aussi la joie d'entendre parler arabe, la plus belle langue à mon avis pour parler à Dieu.

Alors, abordons sans tarder LA question qui fâche : est-ce un film prosélyte ? C'est sûr, ce film ne laisse pas indifférent. Plusieurs personnes sont d'ailleurs sorties de la salle, car le message sur le christianisme est particulièrement cash : on y parle de Jésus fils de Dieu, de Jésus Sauveur, de Jésus amour. La figure du prêtre est particulièrement saisissante : il accueille, il écoute, il entre en dialogue. Il est rarissime de voir ainsi l'Eglise présentée dans un film : sans caricature, juste telle qu'elle est. Chapeau à la réalisatrice. Donc non, ce n'est pas un film prosélyte même si le retournement du jeune Akim et ses propos extrêmement engagés peuvent choquer. Mais j'ai un ami qui était musulman qui s'est converti au christianisme je peux vous assurer que son enthousiasme est le même : il parle de Jésus qui le sauve, et parois il nous reproche de ne pas être assez convaincus, d'être trop tièdes, d'être dans la peur. Et ces jeunes musulmans qui se convertissent viennent nous déranger, car il ont fait une rencontre avec Jésus extraordinaire, qui a changé leur vie, et c'est pour nous un témoignage très puissant.

Enfin, j'ai été particulièrement touchée par l'amitié et l'amour qui règnent dans ce film. L'amitié tout d'abord entre Akim et Fabien, grâce à qui indirectement, Akim va rencontrer le Christ. L'amour surtout qui règne dans cette famille musulmane, entre les parents et les enfants, entre la fratrie, la relation des deux frères par exemple est magnifique. C'est sans doute cela qui compte dans ce film, au delà de nos différences, de nos cultures, de nos religions, l'amour qui dépasse tout. Sans être bisounours, en restant réaliste, la réalisatrice réussi le tour de force de nous faire passer ce message. Mais l'amour n'est possible que s'il respecte la liberté. Et en cela le film trouve sa puissance, car c'est sans doute l'expérience fondamentale que vit Akim : li est libéré. Ensuite il y a bien évidemment le pardon, car pas d'amour sans pardon et le rôle fondamentale de la prière. Bref un film qui peut déranger mais qui permet de penser que vivre ensemble est possible. Inch’Allah !

Sylvie

PS : en sortant de la séance, nous sommes tombés sur Touffik Kerwaz, qui joue le rôle de l'imam. Tellement crédible sans son rôle que j'avais encore l'impression de parler au personnage du film. Dans la vie civile, il ne connait pas le Coran par coeur ;-) En tout cas bonne nouvelle, il est partant pour #LightForIraq.
Pour en savoir plus sur le film, rendez-vous sur le site de Cheyenne Carron.

#LightForIraq : allumez le feu !

octobre 6th, 2014 Publié dans Actualité Tags: , , ,

Vous êtes tous invités à participer à cette grande chaîne de lumière et d'Espérance : http://lightforiraq.com/ pour prier et apporter réconfort à tous nos frères d'Irak !

Merci à Céline Hoyeau pour son article "Une flamme qui fait le tour du monde" pour l'Irak, dans La Croix du 6 octobre 2014 : juste après l'article sur le jumelage "Lyon Mossoul"

Ca pète

septembre 26th, 2014 Publié dans Humeur Tags: , , , ,

Guerre en ukraine, génocide en Irak, pandémie du virus Ebola, exécution d'otages, l'actualité semble ne vouloir céder la place qu'à d'autres tragédies, mais jusqu'à quand ? En France un événement qui a eu lieu la semaine dernière m'a interpellé, attention, c'est sérieux, le samedi 20 septembre a eu lieu la journée mondiale du prout.

Alors on sait que chaque jour donne lieu à une journée mondiale, mais quelle ne fut pas ma surprise en lisant le Direct Matin de trouver un pub pour la journée mondiale du prout, la grande fête du vent. Au programme : jeux en tous genre, coussin péteur de 25 mètres carrés pour battre un concours, en tout 250 m2 d’animations. Alors, si cette journée peut apporter un peu de potache, ou d'humour dans l'actualité dramatique pourquoi pas – qui n'a pas joué un jour avec un coussin péteur – mais tout de même, pour moi cela en dit long sur une société, une société, fondée sur du vent, bref, une société fondée sur le néant. Il ne faut donc pas s'étonner que cette société perde la boule même si évidemment, le thème de cette journée se veut décalé, je ne pense pas qu'il faille prendre ce type de symptôme à la légère. Cette journée du prout est un révélateur, celui d'un mal-être, d'une société qui ne sait plus ni d'ou elle vient, ni où elle va. De personnes qui se contentent d'être des feuilles mortes dans le vent, où règne la superficialité, où l'on se forge une image, où il faut paraître, avoir le dernier Smartphone à la mode, être bien vu, se taire alors qu'on n'est pas d'accord, courber le dos, baisser la tête, accepter d'être un mouton et finalement se retrouver dans un monde qui ne propose plus rien si ce n'est un concours de pets géants.

Mais le vent fait partie des éléments, on en a besoin ! Le vent lourd, celui que l'on sème pour récolter la tempête non ! Celui qui sent mauvais ? Non ! Mais le vent léger, la brise de l'Esprit Saint, de l'Esprit d'amour, oui ! Car c'est bien de ce souffle-là dont le monde a besoin ! Qui pourra en être le relais si ce n'est nous, en parlant, et en agissant par amour ? Mais c'est aller à contre courant, c'est refuser la médisance, la moquerie, l'entre soi, la méchanceté, le cynisme, le conflit. Comme disait l'Ecclésiaste :

"Vanité des vanités disait Qohèleth. Vanité des vanités, tout est vanité !
… Le vent part vers le sud, il tourne vers le nord ; il tourne et il tourne, et recommence à tournoyer."

Alors ne nous attachons pas à ce qui est vain et ce qui passe mais à ce qui reste et qui dure, faisons que nos vies ne soient pas du vent.

Sylvie

#LightForIraq

Les images défilent sous nos yeux : des tentes installées sous un soleil de plomb, des familles esseulées, des enfants hagards, ayant tout perdu, avec le sentiment d’être abandonnés. Je perçois sur les visages les émotions : la peur, la détresse, la tristesse, voire le désespoir. Le dénuement des minorités irakiennes réfugiées au Kurdistan s’offre crument à notre monde rassasié d’info. Je me cache les yeux devant les scènes de barbarie et de massacres. Et j’assiste impuissante à ce spectacle vivant, que dis-je à ce drame, qui se déroule sous le regard quasi impassible de l’Occident.

Au milieu de ce scénario sans issue auquel manque le héros, une voix cependant se fait entendre. Celle du pape François, qui implore et interpelle la communauté internationale. Serait-ce lui – et son message – le Deus ex machina qui permettrait le retournement de situation tant attendu ?  Grâce à Dieu, son appel a été relayé en France. On a même vu cet été une délégation d’évêques se rendre en Irak pour réconforter les populations. Et d’après les photos, ils n’ont pas passé leur temps à siroter des Caïpirinhas les doigts de pieds en éventail au bord d’une piscine.

Alors, comment faire nôtre cet appel et apporter notre soutien à nos frères victimes d’un génocide (ne nous voilons pas la face) à quelques milliers de kilomètres de chez nous ? Prier, sans cesse et sans relâche, faire un don à des associations, signer des pétitions (Au nom de l’humanité…) : certainement. J’ai d’abord pensé à une mobilisation nationale. Des milliers de personnes se sont mobilisées il y deux ans contre le mariage pour tous, pourquoi ne le pourraient-elles pas aussi pour les minorités d’Irak ? Plusieurs prières pour la paix, et un rassemblement qui se veut une manifestation d’ampleur nationale, lancée par le Collectif pour une manifestation de soutien aux Chrétiens et Yazidi d’Irak sont annoncés… Mais beaucoup autour de moi se sont montrés réticents à cette idée d’Union Sacrée. Je suis alors tombée sur cette vidéo, faite par Hozana : #LightforIraq. Et si on prolongeait cette initiative, pour sensibiliser l’opinion publique en manifestant, non pas dans la rue, mais on line notre prière et notre soutien à nos frères d’Irak ? Donnez-moi une bougie et je vous soulèverai le monde ! La rencontre impromptue le jour de la rentrée, et ce dans la même rue, de Thierry Mandon et de Benoît Hamon m’a convaincue de bouger. Se filmer avec une bougie ok, mais what else ? Il fallait y inclure le principe de viralité*. Tout le monde sur le web se challenge à coup de glace, pourquoi ne pas le faire avec le feu (de l’Espérance) ? Après le Ice Bucket Challenge, place au Light and Pray Challenge : #LightForIraq. Il s’agit d’un projet collectif : Sophie, du diocèse de Nantes, aussi convaincue que moi, a collaboré à sa mise en œuvre , ainsi que Thomas, d’Hozana, qui avait eu la même idée de smartnomination, Pontifex en Images qui a également rejoint le projet. Le blogueur Koz quant à lui, l'a tout de suite soutenu. Merci à tous ceux qui ont permis à cette idée de se concrétiser. Mais restait le problème du fait de lancer un défi pour prier. Ce qui paraissait bizarre. Plutôt que de nominer, si on se transmettait la bougie ?

L’espace d’un week-end, Fr. Philippe Jaillot, Koztoujours, Père Jean-Sébastien Strumia, Faustine Fayette, Mgr Carré, Père René-Luc, Grégory Turpin etc. ont déjà participé ! La flamme est maintenant entre vos mains. Alors allumez une bougie depuis toutes les villes de et hors de France, dans des lieux emblématiques et faites tourner ! Sans oublier d’ajouter le hashtag #LightForIraq. Invitez vos amis à transmettre cette lumière d’Espérance pour qu’enfin « The End » apparaisse pour conclure ce film insoutenable.

Sylvie

PS : sur Facebook : https://www.facebook.com/LightForIraq et sur Twitter : @LightForIraq et aussi http://www.lightforiraq.com

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*sur les réseaux sociaux ce terme se dit d’un phénomène qui se propage tel un virus