Baisser de rideau

Ecouter ma dernière chronique sur Radio Notre-Dame. Oui je sais, c’est triste, mais le meilleur reste à venir !

Baisser rideauQuelle meilleure période pour baisser le rideau que la trêve des confiseurs ? Cette période où tout tourne au ralenti, ce temps du repos. Le temps aussi pour respirer, pour mieux être inspiré. D’ailleurs savez-vous d’où vient l’expression de la « Trêve des confiseurs » ? En 1875, lorsque les débats étaient trop houleux à l’Assemblée à l’approche de Noël, il a été convenu entre parlementaires de ne pas aborder les sujets qui fâchent. C’est donc une période de paix d’où l’idée que ce sont les confiseurs qui en étaient les premiers bénéficiaires pour pouvoir faire le commerce de leurs bonbons dans un esprit de fête. C’est aussi pour certains le moment de passer à autre chose, sinon on commence à tourner sur soi-même. C’est donc le cas pour mon blog, qui est arrivé à ses 7 ans d’existence. 7 ans de réflexion donc cinq passés sur Radio Notre Dame, c’est une belle aventure.

C’est une page riche qui se tourne ! Que de sujets abordés, variés pendant ses années,  avec toujours cette volonté de regarder le monde avec espérance, amour et humour surtout et de susciter des questions : qu’est-ce que je peux changer en moi pour changer le monde ? Et puis il y a eu les petits coups de gueule sur l’actualité ou les phénomènes de société : le Calendrier de l’Avent pour chat par exemple, psychothérapie pour la France mais aussi le drame des réfugiés, des réflexions sur la mort, l’amour, la vie en fait ! Des pistes modestes pour vivre encore mieux dans notre monde, sûr que chacun peut faire sa part et que rien n’est perdu au contraire. C’est gagné d’avance, donc pas de découragement face à l’actualité. L’amour est plus fort que tout.

Merci à Radio Notre-Dame de m’avoir donné carte blanche pendant ces 5 ans, ce fut une joie pour moi de retrouver nos auditeurs tous les 15 jours en direct. Ce fut une très belle aventure pour moi qui ait toujours rêvé de faire de la radio. J’aimerais remercier les auditeurs, ma famille est mes amis, en particuliers celles et ceux qui ne manquaient pas de m’envoyer un petit texto après ma chronique, Véro, Sophie, Delphine, Pauline, Chloé, Loulou pour ne citer qu’eux. Le soutien, la solidarité sont à mon avis des valeurs qu’il va falloir de plus en plus développer. Ce message, je vais continuer de le porter mais de manière différente, sur Périscope, une application qui permet de faire du live interactif, c’est-à-dire de filmer en direct, et d’interragir avec ceux qui regardent. Ce type de vidéo commence à prendre son essor, et je me suis spécialisée dans les interviews de belles personnes : des personnes qui par leur action contribuent à rendre le monde meilleur. Et des personnes qui donnent envie d’agir et de se bouger ! Donc vous pouvez me retrouver tous les mercredis soirs à 20h à partir de début janvier.

Bonne route à tous, belles fêtes de Noël, faites le plein d’amour et d’Espérance ! Et d’ores et déjà merveilleuse année 2017 !

Brexit, prouve que tu existes

brexitVersion audio sur Radio Notre-Dame, passez 2’20
Quant on n’est plus d’accord sur les valeurs, sur le sens de la relation, alors il est peut-être temps en effet de se séparer. C’est dur c’est certain, surtout lorsque la décision est unilatérale, et lorsque l’autre ne s’est pas préparé. C’est toujours douloureux. En tout cas en l’occurrence avec le Royaume-Uni, cela nous interroge sur le chemin pris par l’Europe. Quelle Europe ? L’Europe fondée uniquement sur l’argent et la quête de profit commence sérieusement à s’effriter, ce n’est peut-être que le début. Mais ce n’est la Grande Bretagne qui a quitté l’Europe la première non, c’est l’être humain. L’homme n’est plus au cœur de l’Europe. Et on ne fait pas battre le cœur d’un continent avec une monnaie, fut-elle unique, sonnante et trébuchante. On ne peut pas continuer de se laisser bercer d’illusions comme ça au son de l’accordéon*. Aucune vision, aucun projet, si ce n’est des directives, des lobbyes toujours plus puissants, qui imposent leurs lois au détriment des petits, de ceux qui sont sur le terrain, comme ils peuvent. Comme si une relation pouvait être dictée par des tiers. L’Europe ne fait pas rêver, l’Europe n’a pas de vision, l’Europe est très auto-centrée. Lorsque l’on voie les drames qui se déroulent en Méditerranée, on se demande vraiment où sont passées ses valeurs, si elles n’ont pas coulées tout au fond de l’eau.

Et si c’était un mal pour un bien ? Parfois se séparer permet de prendre du recul, peut-être de se ressourcer, de se refaire une santé. Peut-être que cette onde de choc va permettre à l’Europe de se ressaisir. Est-ce uniquement du business que nous voulons ou quelque chose de plus grand ? Avons-nous vraiment envie d’une Union Européenne qui soit vecteur de Paix ? Qui permette de réduire les écarts entre le nord et le sud ? Ou autre chose ?

Et si c’était se quitter pour mieux se retrouver ? A notre échelle c’est assez parlant. Regardez nous allons pour la plupart partir en vacances, il va y avoir cette séparation de quelques semaines, et ce sera pour mieux nous retrouver à la rentrée, qui sait de manière renouvelée. Après l’été nous aurons changé évolué, nous aurons envie peut-être de nous adapter différemment. A l’échelle d’un pays c’est plus compliqué car il ne s’agit pas pour l’Angleterre de prendre les vacances mais de prendre le large définitivement. Mais on peut tout de même imaginer que cela puisse évoluer. Si un jour le Royaume Uni revient, c’est parce qu’il aura changé, et que le projet Européen lui aussi aura bougé. Ce temps de séparation va peut-être aussi servir à cela. Il est surtout temps que batte à nouveau le cœur de l’Europe, pour la mettre vraiment en mouvement vers son destin. A nous donc, tels des médecins de réa, de redonner ce cœur à l’Europe. Peut-être déjà en mettant du cœur dans notre vie et dans tout ce que nous faisons. Remettre l’Amour au centre.

Donc, ce n’est qu’un au revoir, oui nous nous reverrons.

* nous informons nos aimables lecteurs qu’un défi avait été lancé à l’auteure pour qu’elle puisse placer « accordéon » dans sa chronique.

 

Violence : le choix noir

Photo France 3
Photo France 3

La version audio dans le Blog-Notes de Radio Notre-Dame (passez trois minutes).
Bon là commence à faire beaucoup non ? 800 casseurs, 41 personnes en garde à vue, 28 policiers blessés, 11 parmi les manifestants. Eh oh, il va falloir dire stop. Signalons tout de même au passage qu’il ne s’agit que d’une minorité. Mais je ne peux pas croire qu’il n’y ait pas une forme de complicité. Pourquoi les manifestants se retrouvent-ils débordés par des casseurs ? Ils ne peuvent ignorer que certains veulent en découdre, je n’arrive pas à y croire. Et c’est là que se pose la question de ce choix, de cette possibilité qui s’offre de choisir la violence ou pas. Quelle tristesse de se sentir obligé de passer par là ,parce qu’on n’a pas les mots, et que l’on imagine que c’est la seule solution. Et pourtant, les solutions, elles existent, et l’Histoire est riche d’exemples de grandes figures qui ont choisi la non-violence : Ghandi qui a tout de même obtenu l’indépendance de l’Inde, Mandela, la fin de l’Apartheid, Martin Luther King, les droits des personnes noires et enfin plus près de nous, Aung San Suu Kyi, en Birmanie, où l’on assiste aux prémices d’une démocratie. Alors, question à 20 centimes d’euro : quel est le point commun entre toutes les grandes figures que je vous ai citées ? Tic, tac, tic, tac, tic, tac…

Eh bien c’est une force intérieure incroyable puisée dans une spiritualité, à travers la lecture, la méditation ou la prière. Ils ont été également prêts à d’énormes sacrifices pour mener à bien leurs combats. Car la non-violence est un choix bien plus exigent que la violence, et pour ce faire, il faut de sacrées ressources spirituelles. C’est choisir la Lumière, même si elle est toute faible, et non les ténèbres.

Alors comment sortir de ce bazar ? Personnellement je rêve d’une fraternisation avec la police (et pourquoi pas ?). Mais je pense surtout que cela dépend de chacun de nous et de notre capacité à cultiver et développer notre vie intérieure pour qu’elle rayonne sur les personnes qui choisissent la haine. Si chacun au quotidien pose des actes de paix, cela contaminera le monde. Je constate actuellement sur l’application Périscope dont je vous ai déjà parlé une onde de bienveillance, de positive attitude, de bonne humeur qui est en train de monter. S’il y a des personnes mal intentionnées sur les réseaux sociaux il y a aussi beaucoup de personnes qui veulent partager leurs talents, leurs savoirs leur énergie. Et cela, c’est un tsunami d’amour que l’on ne va pas pouvoir arrêter.

Sylvie

Périscope hic ?

(c) linternaute
(c) linternaute

En version audio sur Radio Notre-Dame à réécouter ici, en passant 3 minutes.
Il y a quelques semaines une jeune femme s’est suicidée en direct sur l’application Périscope*. Et tout de suite on a senti la levée de boucliers. Le problème ce serait les réseaux sociaux, ce ne serait pas arrivé s’il n’y avait pas ce genre d’outil.  En fait on n’en sait rien ! Réagir comme cela c’est prendre le problème à l’envers, le hic n’est peut-être pas là où l’on croit.  Le vrai sujet selon moi est plutôt : qu’est ce qui pousse aujourd’hui une jeune femme de 19 ans à mettre fin à ses jours ? Périscope ou pas. Le focus est mis sur ce cas mais combien de suicides ont lieu tous les jours en France sans que l’on en parle ? La véritable question n’est-ce pas quelle société nous proposons pour en arriver là ? La jeune femme a évoqué dans une vidéo un viol dont elle aurait été victime. J’ai l’impression que souvent dans les faits divers, il y a derrière des blessures liées à l’amour. Alors je me demande si ce n’est pas l’amour qui est malade et non les réseaux sociaux. L’image de l’amour surtout, tellement abîmé, galvaudé, usurpé par la télé,  internet et l’industrie du porno. Pour moi le vrai sujet est là. Daniel Balavoine chantait : qu’est-ce  qu’il pourrait sauver l’amour ? La question reste là.

Et les excès que l’on constate sur les réseaux sociaux sont clairement liés à  des blessures  de l’amour. Des blessures affectives mais aussi des blessures narcissiques. La quête d’être aimé  est telle qu’elle se traduit par une quête de reconnaissance, un besoin de valorisation qui pousse certains à chercher les limites. On peut parfois assister à des défis idiots qui peuvent mettre en danger la vie de jeunes.

Alors les réseaux sociaux c’est bien ou pas bien ? Pour moi les réseaux sociaux sont ce dont on a envie d’en faire. Comme l’équipe de France de foot, ils sont capables du pire comme du meilleur. Et du coup je pense que c’est à nous de les investir, de leur donner du sens pour qu’ils nous tirent vers le haut**. Ces réseaux sont là alors au lieu de les diaboliser pourquoi ne pas les diviniser ?  Faire briller la lumière , rayonner la bienveillance, et donner une autre image de l’amour. Le vrai le beau.

En tout cas, j’ai fait ce choix. Et j’ai donc lancé un JT en direct sur Périscope pour regarder l’actualité avec un regard positif et constructif, arrêter de se lamenter et chercher ensemble des solutions.  Tout le monde est invité à participer.  Donc rendez-vous tous les mercredis soir a 20h sur ma chaîne périscope pour construire une société plus harmonieuse , avec plus de <3, où chacun trouve sa place.

Sylvie

*application qui permet de filmer en direct et sur laquelle les internautes peuvent réagir par des commentaires
** Découvrez ici les 80 comptes Périscope francophones à suivre

 

Allez plus haut !

Là haut -PixarA écouter ici sur le podcast de Radio Notre-Dame, passez 3’10

L’Ascension, la fête, qui invite à prendre de la hauteur. C’est parfois ce qui nous manque dans notre vie de tous les jours non ? Le premier réflexe reste souvent de se plaindre, de ne pas voir une situation dans son ensemble et ne pas comprendre que parfois un petit écueil peut cacher une belle surprise ou quelque chose de plus grand. Prendre de la hauteur peut s’adresser surtout aux medias, et à leur façon de traiter l’actualité : ne pourrait-on pas de temps en temps mettre un peu plus les choses en perspective ? Au lieu de nous parler des casseurs soi disant de Nuit Debout, ne pourrait-on pas parler plutôt du formidable élan citoyen qui se passe Place de la République et partout en France. Des idées qui sont en train d’émerger ? Au lieu de nous parler de l’évacuation de Stalingrad, ne serait-il pas envisageable de poser les vraies questions et pourquoi ne pas envisager la solution pour un meilleur accueil des migrants ? L’Ascension c’est un peu le contraire des chaines d’info continu, c’est être invité à voir les choses de manière plus large, plus globale, de manière plus reliée, sans les isoler les unse des autres.

Comme dirait Tina Arena, c’est une invitation à aller plus haut, à se dépasser. Si les réalités d’en bas sont ce qu’elles sont, et si nous sommes appelés à les changer pour rendre le monde meilleur, il me semble qu’il ne faut pas quitter des yeux notre objectif : viser le Ciel. Mais cela ne se fait pas sur un claquement de doigts, cela demande des efforts. Oui on n’a pas rien sans rien.

Viser le Ciel cela signifie se mettre au service, de manière désintéressée. Accueillir le pauvre, soigner, consoler, construire, rêver etc. Viser le Ciel c’est le contraire de l’égoïsme, ce n’est pas en montant sur les autres et en les écrasant qu’on arrivera plus haut. Cela demande de faire des choix, qui sont parfois à contre courant. Cela demande de la persévérance, cela demande surtout de faire confiance. Si nous visons le Ciel, nous ne pourrons pas être déçus, même si le chemin peut parfois être semé d’embûches. Et le chemin le plus direct pour toucher le Ciel, eh bien c’est le chemin de l’Amour. Accueillir l’amour et le donner, je pense que c’est le message de l’Ascension, une fête qui nous rappelle le sens de notre vie : du bas vers le haut.

Sylvie