Visite du pape en France : temps attendu

La version audio c'est par ici, il faut passer trois minutes : Radio Notre-Dame.

Dès l’annonce de la venue du pape François en France, on a vu apparaître sur les réseaux sociaux une page Facebook « Visite du pape en France », lancée par un groupe de jeunes dynamique pour préparer cette visite pontificale. Il faut dire que cette venue était très attendue. Rappelons-nous en janvier dernier, lors de la visite du Président Hollande au Vatican, une pétition avait été lancée sur Internet pour demander au pape de venir en France. François (Hollande) avait d’ailleurs invité François à venir en France. A Rome en avril dernier, en étant près du podium, et me retrouvant à portée de voix du Saint Père, une seule phrase m’était venue à crier  : "Vieni in Francia !" repris en choeur par les Italiens autour de moi : "Viens en France !" Résultat ça a plutôt bien marché puisque le pape vient à Strasbourg mardi 25 novembre et revient en 2015 (ne me remerciez pas).

Ok, le pape vient en France mais où ? L’équipe "Visite du pape en France" a eu l’idée d’interroger les internautes pour savoir où ils aimeraient que le pape se rende. Ils ont le choix entre 31 lieux, en particulier des lieux spirituels. Devant le succès de cette opération, plusieurs sanctuaires se sont manifestés pour faire partie de la liste, 12 ont été ajoutés récemment. Vous pouvez donc voter (en likant) pour Notre-Dame de Paris, le sanctuaire de Rocamadour, Le Puy en Velay, le Mont Saint Michel, Vezelay et bien d’autres encore. La presse locale s’est emparée de cette initiative pour faire remonter les sanctuaires de leur département. Ce qui a frappé dans sondage révèle de manière flagrante la place de la Sainte Vierge dans notre pays, avec notamment des lieux d’apparitions mariales. Nous fêtons d’ailleurs aujourd’hui la présentation de Marie. Tout le monde connaît Lourdes et la rue du Bac, mais on ignore souvent que la Vierge est également apparue à Pontmain, à Pellevoisin, à la Salette, à l'Ile Bouchard et à Notre-Dame du Laus. Et c’est ce lieu qui emporte le plus de likes sur Facebook, l’occasion d’en savoir plus sur son message. C’est à une bergère, Benoîte Rancurel, que la Vierge apparaît pendant plusieurs années au XVIIe pour lui donner un message de réconciliation et de conversion. Il me semble donc que le choix des internautes est peut-être guidé par la Providence, pour faire connaître ce message et ce lieu ! Pour moi cette mobilisation révèle aussi le rôle et la mission particulière de la France parmi les nations. Il faut tout de même rester conscient que ce vote n’influencera pas le choix du pape, même si les trois « gagnants » seront communiqués au Vatican.

Qu’attendre de cette visite du pape ? Je trouve déjà dans un premier temps très important de l'attendre tout simplement. Cette initiative sur Facebook nous invite à préparer nos cœurs à cette rencontre, et elle ne sera que plus féconde du fait d’avoir été attendue et désirée. Il me semble que le pape François peut venir nous réveiller. Jean Paul II l’avait déjà fait, François pourra renouveler cet appel et provoquer un choc salutaire et bénéfique pour notre pays. C’est une chose de voir le pape François à la télé, c’est est une autre de le voir en réalité. Il a une capacité incroyable à entrer en interaction avec la foule, à parler au cœur, avec des mots simples. Pour terminer rappelons que le pape François sera en France cette semaine, puisqu’il se rend au Parlement Européen et au Conseil de l'Europe mardi prochain. L’équipe « Visite du pape en France » propose de suivre les discours sur Twitter via le hashtag #PapeEurope.

Enfin voici mon tiercé gagnant pour la visite de 2015 : en premier Marseille évidemment, Notre-Dame de la Garde, avec mes origines méditerranéennes, c’est pour moi incontournable, ville ouverte sur le monde, ville de métissage, ville qui souffre. Et puis de manière plus classique, deux de mes sanctuaires préférés : Lisieux car je suis une grande fan de Thérèse et Lourdes, cela va sans dire. Et vous avez-vous fait votre choix ?

Sylvie

France Algérie : des mots pour des maux

Nous avons commémoré la semaine dernière l’entrée dans la guerre d’Algérie, en 1954 il y a 60 ans, un anniversaire presque passé inaperçu. Qui aujourd'hui en France s'intéresse réellement à l'Algérie ? Qui, hormis les pied-noirs et leurs descendants, hormis ceux qui ont combattu, hormis les harkis et les Français qui en sont originaires qui se soucie de ce pays ?

Avec une grand-mère pied-noir, j'ai comme reçu en héritage, inconsciemment(?), à la fois une attirance, un attachement, oserais-je dire un amour pour ce pays de douceur et de miel, et une déchirure, celle du rapatriement. Cet amour a véritablement éclos et trouvé son sens en 1996 lors de la mort des moines de Tibhirine restés, après l'Indépendance, par amour de l'Algérie et du peuple algérien. J'ai été particulièrement bouleversée par cet événement et j'ai alors compris cette présence comme le symbole d'une possible cohabitation entre chrétiens et musulmans, d'égal à égal. Leur mort violente n'a rendu que plus fort le message de paix qu'ils ont incarné et qu'ils ont malgré tout semé.

L’Histoire entre nos deux pays semble comme une plaie béante, sur laquelle personne n'ose se pencher. Personne ou presque. Deux femmes, Karima Berger et Christine Ray, nées de part et d'autre de la Méditerranée, ont commencé un travail méticuleux et chirurgical. Dans ce livre Toi, ma soeur étrangère, elles mettent un baume réparateur, par leurs mots, elles pansent les blessures mutuelles. N'évitant aucun sujet tabou, elles retissent par leurs échanges sans langue de bois, la toile déchirée. Elles reprennent le fil, défont les noeuds. Elles se comprennent, se reprennent, convoquent les grandes figures du passé, retracent les drames, les vols, la méfiance, l'ignorance, la violence, le mépris… Elles réparent. Leurs paroles apaisent. A les lire, j'ai eu cette impression terrible que les deux peuples étaient passés l'un à côté de l'autre, sans se comprendre, sans se découvrir.

Mais est-il trop tard pour que le passé s’apaise ? Les deux écrivains nous prouvent que non, que le chemin vers la connaissance de l'autre est possible. Une reconnaissance qui passe par un partage culturel, philosophique et spirituel. Et s'intéresser à l'autre, n'est-ce pas s'intéresser à soi ? Connaître l'histoire de l'Algérie, c'est aussi comprendre la France d'aujourd'hui, et nos concitoyens musulmans. Je pense que nous avons un immense travail de réconciliation à faire, avec ce pays, qui est un peu comme notre jumeau de l’autre côté de la Méditerranée. Il faut le mener à bien pour les jeunes d’origine maghrébine qui vivent en France et qui sont perdus entre deux cultures. Des pardons mutuels sont à donner. Et pour cela les écrits des frères de Thibirine peuvent nous aider, pour voir au-delà de la souffrance. Et si l’histoire est parcourue de drames, il est bon aussi de se souvenir qu’il y a eu de belles histoires d’amitié avant l’indépendance, et qu’il est vital de ne pas l’oublier, pour construire l’avenir.

Algérie- France, France- Algérie : comme le dit Karima Berger : "Notre destin est commun". Car aimer la France, c’est aimer l’Algérie et vice versa.

Sylvie

Réflexion underground

octobre 24th, 2014 Publié dans Humeur Tags: , , , , ,

Bon, il y avait longtemps que je préparais ce petit coup de gueule, donc là ça y est on y va. Je vais aborder un sujet dont on ne parle pas suffisamment : la poésie dans le métro à Paris…

Vous savez dans certaines rames, les encarts publicitaires sont libérés de l’esclavage commercial pour trouver une seconde vie et accueillir des morceaux choisis de poésie. Jusqu’ici tout va bien : quelle joie de voir qu’il est possible de lutter contre un monde de profit pour laisser la place à l’inspiration et à la rêverie. Sauf que ce serait trop beau. Et on se demande si l’agence de communication n’a pas reçu le brief à l’envers. Au lieu de faire en sorte que ces mots invitent à la réflexion, à s’élever vers le haut, à nous faire rêver, et bien c’est tout le contraire. Comme si les gens ne tiraient pas assez la tronche dans le métro, il fallait en rajouter. Donc alors que vous voyagez tranquillement, vous êtes souvent agressés par des vers nostalgiques, noirs, mélancoliques… Des vers qui vous enfoncent, vous faisant perdre l’espoir d’un amour possible et vous laissant dans un sentiment d'amertume, d'insatisfaction, d'isolement et de désolation. Donc à la rigueur je regrette presque les pubs qui elles au moins me font sourire et mettent de bonne humeur.

Certains diront que c'est plutôt positif car cela prouve que la RATP considère que les usagers ont une vie intérieure et spirituelle et qu’elle s’en préoccupe, merveilleux, ce qui est très LSD. Mais si c’est pour nous plomber le moral, ce n’est peut-être pas nécessaire, et il y a peut-être d’autres priorités. Je me dis que l’argent pourrait être investi par exemple dans les escalators. Lorsque vous arrivez Gare d’Austerlitz, je pense que cela vous serait plus utile avec votre valise de 25 kg plutôt que d’apprendre qu’un poète anonyme a rangé le soleil dans sa bibliothèque. Il me semble aussi que faire des efforts pour les personnes handicapées en multipliant les ascenseurs, pourrait également être une priorité de la RATP…. On aurait un métro impeccable et propre, pourquoi ne pas se lancer dans ce type de projet mais là non….

Donc si on veut vraiment se servir de ces espaces pour quelque chose, il faut déjà définir l’objectif : si c’est rendre les gens un peu plus malheureux, c’est clair autant arrêter tout de suite. Mais si l’objectif est de rendre plus humain le métro, d’apporter du sourire, de la bonne humeur alors il faut revoir totalement la sélection des poèmes : pourquoi ne pas tout simplement publier des maximes, des proverbes de bon sens qui nous font réfléchir un peu. Pourquoi ne pas publier aussi des petites injonctions en invitant les gens à plus d’humanité : « Avez-vous dit bonjour à votre voisin de métro ? » « Dire merci 5 fois par jour est bon pour la santé » « Un sourire peut changer une vie »… Je suis sûre que des petites phrases parsemées dans le métro incitant à plus de liens auraient un effet bénéfique sur la société .Je n’irai pas jusqu’à dire des phrases de l’Evangile ou du livre des proverbes mais arrêter de parler d’amour perdu pour parler d’amour trouvé. Allo la RATP ?

Sylvie

Inch’All’Apôtre

octobre 10th, 2014 Publié dans Actualité Tags: , , , , ,

La version audio sur Radio Notre-Dame, elle fait partie du Top 10 
Le film l'Apôtre raconte la conversion d'un musulman au christianisme, donc dès le pitch on sent bien que le sujet va gratouiller. Raison de plus pour aller le voir. Tout d'abord, j'ai beaucoup appris sur les musulmans à côté de qui nous vivons et que finalement je ne connais pas ou très peu. On découvre une communauté d'hommes et de femmes, qui prient, qui s'instruisent, qui travaillent qui vivent, qui aiment. J'ai aussi appris sur le Coran : ce qu'il dit de la polygamie (les hommes doivent traiter chaque femme équitablement), la question de l'aumône, la zakât, qui ne peut être faite qu'entre musulmans, leur sens des traditions, leur hospitalité etc. Quelque chose de terrible est également présenté dans ce film : un musulman ne peut pas se convertir au christianisme, c'est absolument impensable. Dans certains pays, les convertis risquent même leur vie. On découvre ainsi le poids de la communauté, le poids du regard des autres, du jugement etc. Et puis, ce film c'est aussi la joie d'entendre parler arabe, la plus belle langue à mon avis pour parler à Dieu.

Alors, abordons sans tarder LA question qui fâche : est-ce un film prosélyte ? C'est sûr, ce film ne laisse pas indifférent. Plusieurs personnes sont d'ailleurs sorties de la salle, car le message sur le christianisme est particulièrement cash : on y parle de Jésus fils de Dieu, de Jésus Sauveur, de Jésus amour. La figure du prêtre est particulièrement saisissante : il accueille, il écoute, il entre en dialogue. Il est rarissime de voir ainsi l'Eglise présentée dans un film : sans caricature, juste telle qu'elle est. Chapeau à la réalisatrice. Donc non, ce n'est pas un film prosélyte même si le retournement du jeune Akim et ses propos extrêmement engagés peuvent choquer. Mais j'ai un ami qui était musulman qui s'est converti au christianisme je peux vous assurer que son enthousiasme est le même : il parle de Jésus qui le sauve, et parois il nous reproche de ne pas être assez convaincus, d'être trop tièdes, d'être dans la peur. Et ces jeunes musulmans qui se convertissent viennent nous déranger, car il ont fait une rencontre avec Jésus extraordinaire, qui a changé leur vie, et c'est pour nous un témoignage très puissant.

Enfin, j'ai été particulièrement touchée par l'amitié et l'amour qui règnent dans ce film. L'amitié tout d'abord entre Akim et Fabien, grâce à qui indirectement, Akim va rencontrer le Christ. L'amour surtout qui règne dans cette famille musulmane, entre les parents et les enfants, entre la fratrie, la relation des deux frères par exemple est magnifique. C'est sans doute cela qui compte dans ce film, au delà de nos différences, de nos cultures, de nos religions, l'amour qui dépasse tout. Sans être bisounours, en restant réaliste, la réalisatrice réussi le tour de force de nous faire passer ce message. Mais l'amour n'est possible que s'il respecte la liberté. Et en cela le film trouve sa puissance, car c'est sans doute l'expérience fondamentale que vit Akim : li est libéré. Ensuite il y a bien évidemment le pardon, car pas d'amour sans pardon et le rôle fondamentale de la prière. Bref un film qui peut déranger mais qui permet de penser que vivre ensemble est possible. Inch’Allah !

Sylvie

PS : en sortant de la séance, nous sommes tombés sur Touffik Kerwaz, qui joue le rôle de l'imam. Tellement crédible sans son rôle que j'avais encore l'impression de parler au personnage du film. Dans la vie civile, il ne connait pas le Coran par coeur ;-) En tout cas bonne nouvelle, il est partant pour #LightForIraq.
Pour en savoir plus sur le film, rendez-vous sur le site de Cheyenne Carron.

#LightForIraq : allumez le feu !

octobre 6th, 2014 Publié dans Actualité Tags: , , ,

Vous êtes tous invités à participer à cette grande chaîne de lumière et d'Espérance : http://lightforiraq.com/ pour prier et apporter réconfort à tous nos frères d'Irak !

Merci à Céline Hoyeau pour son article "Une flamme qui fait le tour du monde" pour l'Irak, dans La Croix du 6 octobre 2014 : juste après l'article sur le jumelage "Lyon Mossoul"