Génération mai 2013
La version audio sur Radio Notre-Dame c'est par là
"Il leur faudrait une bonne guerre" : quelques jours après l'anniversaire de la victoire de 45, cette expression semble encore plus faire écho à la réalité. On dit souvent que les soixante-huitards ont mené la guerre à leur façon, dans la rue. Or en évoquant la Manif pour tous et les veilleurs, certains parlent de mai 68 à l'envers.
A défaut de guerre (fort heureusement), les jeunes qui se lèvent en ce moment ont un combat. Non pas un combat contre, mais un combat pour un idéal : un enfant a le droit d'être élevé par un père et une mère. Un idéal. Un mot à consonance presque désuète. Il faut dire que cette mobilisation des veilleurs n'était pas prévue. Personne n'avait fait de sondages ou de prévisions. En plus, normalement, les jeunes qui font les révolutions sont un brin baba cool, arrogants, et prêts à lancer des pavés. Avec les veilleurs, il y a toujours des pavés, mais lancés dans la mare. Et le profil du veilleur ne correspond pas du tout aux idées reçues. Comment voulez-vous travailler correctement lorsque que tout est inversé ? Il y a de quoi en perdre son latin…
On les croit violents, ils ont pour toute arme des poèmes et des chansons.
On les croit de droite, ils revendiquent d'être apolitiques.
On les croit essoufflés, ils sont chaque jour plus déterminés.
On les croit réactionnaires, ils pensent qu'un monde meilleur est en marche
On les croit dans la haine, ils prônent la non-violence et citent Gandhi
Incontrôlable. Ingérable. Imprévisible. C'est peut-être le propre des révolutions, qui sait ? Et si les journalistes étaient en train de passer à côté d'un événement historique, sans précédent, tout simplement parce que ce mouvement informe n'entre pas dans leurs cases ?
Deux alternatives s'offrent alors : tout d'abord, ne pas en parler, faire comme si le mouvement n'existait pas. Des centaines, voire des milliers de jeunes qui se réunissent en silence avec une bougie toutes les semaines. Pas de quoi en faire un plat, tout juste un panier à salades.
Autre solution, en parler, mais de façon à ridiculiser et caricaturer en sortant les clichés usés de La vie est un long fleuve tranquille. C'est le cas de l'article du Nouvel Obs qui n'a d'enquête que le nom. Ca vaut son pesant de cacahuètes. Il faut néanmoins positiver : cet article met en lumière la cathosphère, certes de manière incomplète et tronquée, mais prouve tout de même qu'un intérêt est en train de naître pour cette nouvelle forme de "résistance". Il est vrai que les clichés rassurent. Dans une société où on a peur de tout, cela permet de mettre un visage sur ces jeunes qui manifestent pacifiquement pour une nouvelle société. Sauf que… s’il y a du vrai évidemment dans la caricature, tous les cathos ne sont pas en chaussure bateau et en col claudine. Eh non, désolée. Il y a même des catholiques qui se maquillent (so shoking !)
Alors que se cache-t-il derrière ces jeunes de mai 2013 ? Ces jeunes qui rêvent d’une nouvelle société, et qui sont prêts à la construire (je dis "ils" mais je pourrais dire "nous").
Des jeunes qui à l’égoïsme, préfèrent le partage
A l’injustice, l’équité
A la course au profit, le bien de l’être humain
Aux manipulations génétiques, l'écologie humaine
A l'individu, la personne
Aux armes, les bougies
A l'indifférence la compasssion
A la théorie du genre, la complémentarité des sexes
Aux idéologies, la voix de leur conscience
etc.
Une génération se lève, la révolution des roseaux est en marche, personne ne pourra arrêter ce mouvement spontané, et ce mois de mai, selon moi, sera historique. Le 26 mai, les observateurs (nouveaux ou anciens) risquent d'être surpris.
Sylvie
NB : Les textes des veilleurs
En réécoute sur le site de
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L'être humain semble avoir ce besoin inexorable de se projeter dans l'avenir. Les chefs d'entreprise font des prévisions, les voyants des prédictions et les croyants des prophéties. John Lennon imaginait, Martin Luther King quant à lui rêvait.